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Les derniers jours de Stefan Zweig - Laurent Seksik

30 Avril 2010 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Europe (français)

derniers-jour-zweig.jpgPrésentation de l'éditeur

"Le 22 février 1942, exilé à Petropolis, Stefan Zweig met fin à ses jours avec sa femme, Lotte.  Le geste désespéré du grand humaniste n'a cessé, depuis, de fasciner et d'émouvoir.  Mêlant le réel et la fiction, ce roman restitue les 6 derniers mois d'une vie, de la nostalgie des fastes de Vienne à l'appel des ténèbres.  Après la fuite d'Autriche, après l'Angleterre et les États-Unis, le couple croit fouler au Brésil une terre d'avenir.  Mais l'épouvante et la guerre emportera les deux êtres dans la tourmente - Lotte, éprise jusqu'au sacrifice ultime, et Zweig, inconsolable témoin vagabond de l'absolu. 


Commentaire

J'aime beaucoup les biographies romancées.  Et j'adore les écrits de Stefan Zweig.  Cette biographie romancée du grand auteur autrichien était donc pour moi un incontournable et miss Caro[line] a profité de mon anniversaire pour me l'offrir.  C'est qu'elle est hyper gentille, cette Caroline!


Nous vivrons donc dans ces 187 pages les 6 derniers mois de la vie de Zweig et de sa seconde femme Lotte, de 25 ans sa cadette.  Tout au long du roman, nous ressentons l'admiration qu'a l'auteur pour Stefan Zweig et ayant lu au début de l'année "Le monde d'hier", je pouvais facilement me souvenir de toute la nostalgie qu'avait Zweig d'une époque européenne qu'il estimait révolue, ravagée par Hitler.  Seksik réussit à travers sa prose à restituer cette fascination pour le passé.  Aux yeux de Zweig, le beau est derrière et l'Europe passée revet un caractère magique, féérique. 


Le retour au présent, au Brésil, alors que les mauvaises nouvelles pleuvent et que la peur est quotidienne, est toujours douloureux et le Zweig qui nous est ici présenté est désespéré, désillusionné.   Cette Vienne illuminée et tourbillonnante relève pour lui, ainsi que pour Lotte, qui l'a connu alors qu'il était dans la cinquantaine et que les belles années étaient déjà terminées, presque de la fascination et son regard se porte désespérément vers l'arrière.   L'atmosphère,la tristesse, la lourdeur, tout est très bien rendu.  On souffre pour lui, pour ce qu'il a été et ce qu'il a représenté, ainsi que pour sa femme, amoureuse et prête à tout pour lui, même à mourir. 


La figure de cette femme est d'ailleurs difficile à définir.  Asthmatique, éperdue d'admiration pour son mari, peinée par son manque d'attention, jalouse de Friderike, la première femme de Zweig mais aussi touchante.  Confrontée à un Zweig froid et distant, elle sait qu'elle n'aura jamais la place qu'elle voudrait, avec sa fragilité et sa dévotion.  On a de la peine pour elle et si j'ai beaucoup apprécié cette partie de la narration, j'aurais préféré qu'elle soit plus étoffée, qu'on entre davantage dans le roman, dans leur tragique histoire, que j'ai du mal à qualifier "d'histoire d'amour".   Si le personnage de Zweig à la fin de sa vie devient réel, celui de Lotte est plus évanescent et j'aurais apprécié que ce côté soit davantage développé car cette femme qui aime malgré tout est venue me chercher.   Par contre, si ça avait été le cas, j'aurais probablement dit que ça s'éloignait trop de la réalité...  Je sais, je suis complètement paradoxale, à l'occasion. 


Un roman bien documenté, avec beaucoup de références à l'oeuvre de Zweig (je ne peux qu'aimer, n'est-ce pas!) ainsi qu'à ses proches, que nous avions pu connaître dans son autobiographie.  Si j'ai préféré cette dernière oeuvre, la lecture de la bio romancée de Seksik a été un complément très agréable à lire, qui emporte, et que je conseille à tout amateur de Zweig.  Comme pour moi cet auteur est un personnage mythique, que j'ai vu tourbillonner dans les cercles intellectuels et mondains du début du siècle dans "Le monde d'hier",  je n'ai pu qu'apprécier ce livre, qui non seulement m'a semblé fidèle à l'esprit de Zweig pour la partie le concernant (je ne peux me prononcer sur la partie de Lotte, vu qu'il n'en parle absolument pas!) mais dont j'ai beaucoup apprécié l'écriture. 

 

Je crois toutefois que les lecteurs qui connaissent minimalement l'histoire de Zweig et qui l'ont déjà lu y trouveront davantage leur compte.  J'espère que les autres auront quant à eux le goût de le découvrir!  C'était la lecture d'avril pour le challenge Ich liebe Zweig!

 

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