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Le Maître et Marguerite - Mikhaïl Boulgakov

1 Septembre 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature russe

Maitre-et-Marguerite.jpgPrésentation de l'éditeur

"Écrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, Le Maître et Marguerite a mis 25 ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs.

 

Comment définir un mythe?  Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire et un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... On y trouve meurtres atroces et crucifixions (sérieux??  Où, ça ces crucifixions, je n'en ai vu aucune, moi...).  C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques. 

 

Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites."

 

Commentaire

Lire "Le maître et Marguerite, ça a été toute une expérience.  J'ai d'abord été étonnée et déboussolée par l'abondance de personnages... Non, sérieusement, il y a autant de personnages, avec patroymes russes, of course,  dans ce roman que de rues à Barcelone, ce qui n'est pas peu dire.  Heureusement, le roman n'a pas subi le même sort que la carte de la dite ville.     J'ai été aussi un peu perplexe face à l'absence du Maître (et de Marguerite) qui apparaissent assez tardivement dans le roman.  Et bon, j'avoue, ça allait dans tous les sens... Un homme qui perd la tête, un mystérieux inconnu, un magicien,  un chat qui parle, Ponce Pilate... hmmm... weird.  Puis j'ai décidé de laisser couler et de voir où ça allait m'amener sans trop chercher à comprendre... et pour finir, ça a été la bonne méthode pour moi: j'ai beaucoup aimé. 

 

En gros, qu'est-ce?  Satan qui débarque à Moscou pendant quelques jours, et qui va y foutre un bordel pas croyable.  Avouons que ce Satan a un petit côté facétieux et que ses interventions sont parfois cruelles mais le plus souvent assez hilarantes.  À tel point que je me suis prise à le trouver "sympathique", malgré sa propension à faire du trouble partout où il passe et à envoyer les gens à l'asile de fous.  Il faut dire que ses victimes sont souvent assez bien choisies... Certaines scènes sont délirantes, carrément burlesques (la sortie du théâtre m'a fait mourir de rire.  Et que dire du choeur d'employés...) tandis que d'autres sont fantasmagoriques, remplies de symboles, et magnifiques.  Je pense par exemple au bal chez Satan ou aux passages à Jérusalem.   D'autres plus courts passages, plus philosophiques, qui parlent de bien et de mal, m'ont fait réfléchir et teintent tout le roman malgré leur brièveté.  C'est foisonnant et la plume de l'auteur s'adapte à merveille aux différents types de scènes.   Ça m'a donné une envie folle - again -  de visiter Moscou. 

 

Mais "Le Maître et Marguerite", c'est aussi une satire et une critique de la vie en Union Soviétique dans les années 30.  C'est le règne de Staline, l'époque des appartements communautaires, de la propagande, de l'usage de l'art pour la dite propagande, des interrogatoires ridicules et "stagés" ainsi que des arrestations en masse pour de futiles prétextes.  Et tout ceci, on le ressent à travers les allusions de Boulgakov où l'histoire est réinventée, où personne ne s'étonne de la disparition des gens et où la crainte de l'étranger est omniprésente.  Bon, avouons, j'ai été bien aidée par les notes de bas de page et par mes lectures subséquentes parce que je n'aurais vraiment pas tout vu si j'avais lu toute seule.  L'auteur fait passer son message sans jamais paraître lourd ou plaqué.  On parodie des slogans, des habitudes, des modes de vie.  Et ça passe ma foi fort bien.  

 

Le Maître serait une représentation de le l'auteur, personnage ma foi difficile à cerner, qui se trouve lâche et qui ne sait plus trop quelle est sa place.  Le Maître qui aime Marguerite, prête à tout pour retrouver celui qu'elle aime.   C'est cet amour que j'ai trouvé le moins crédible dans le roman, en fait...  Des âmes soeurs, certes, mais bon, on se demande bien ce que Marguerite peut trouver au Maître, à part son écriture, qu'elle vénère.  L'art a une place très importante dans le roman, que ce soit en raison des professions des personnages, du thème de Faust, omniprésent ou de l'écriture, de la musique.  En effet, en Union Soviétique, l'art devait servir le parti...  la censure faisait rage et les mouvements anti-religion aussi.  On sent cette préoccupation partout dans le roman et sous les blagues, les folies et le grand n'importe quoi qui s'en va un peu partout, il y a réellement une ligne directrice claire. 

 

Certes, on pourrait reprocher certains trucs incohérents à la fin du roman... sauf que bon, l'auteur est mort avant la dernière relecture, ce qui n'a certainement pas aidé. 

 

Une lecture particulière, mais beaucoup mois classique que la littérature russe que j'ai lu jusqu'à date et surtout ma foi très drôle et très riche. 

 

Blogoclub.jpg

Roman lu dans le cadre du Blogoclub de lecture de Sylire et Lisa auquel je n'avais pas participé depuis un moment. 

 

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