Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Mon coin lecture ... maintenant à moncoinlecture.com

Angel - Elizabeth Taylor

8 Janvier 2012 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Europe (anglais)

Angel.jpgPrésentation de l'éditeur

"À quinze ans, Angel sait qu'elle est différente et qu'elle est destinée a devenir une auteure célébrée à la tête d'une grande fortune.  Et son premier roman confirme ceci - c'est un chef d'oeuvre, croit-elle. 

 

Après avoir lu le roman, les éditeurs sont certains que Lady Irania sera un succès, malgré - et peut-être en raison de - son style pompeux et trop travaillé.  Ils sont toutefois curieux de savoir qui a bien pu écrire un tel roman; "quelque vieille dame qui écrit des romances derriere des rideaux de dentelles"...  "Angelica Deverell est un nom trop beau pour être vrai... c'est peut-être un vieil homme".   Alors rien ne peut les préparer à la jeune femme pâle qui se tient devant eux, avec sa personnalité dénuée de tout grain d'ironie ou d'humour."

Commentaire

Oh qu'il était bien, ce roman.  J'avais vu - par bouts - le film à sa sortie et j'en gardais un souvenir confus mais vraiment, le roman m'a vraiment davantage plu.  C'est un délice d'ironie, d'humour ma foi assez sombre et un portrait finalement d'une grande tristesse.  

 

Taylor nous peint ici le portrait d'Angelica - Angel - Deverell.  Élevée par sa mère au-dessus d'une épicerie, sa famille (constituée de sa mère et de sa tante, qui est domestique à Paradise House, la plus grande demeure de la région) se serre les coudes pour l'envoyer à l'école privée et lui offrir une bonne éducation.  Mais voilà qu'Angel a d'autres ambitions et de toute façon, ceci ne l'intéresse pas du tout.  Pour elle, le vrai monde, il existe dans sa tête, dans son imagination et le reste n'est qu'accessoire, limite dérangeant.  Angel se croit la 8e merveille du monde, elle déborde de vanité et considère ses opnions comme LA grande Vérité.  Et lorsqu'elle écrit, sur un coup de tête, son premier roman, une histoire romantique à souhait truffée de grands mots, de duchesses, de situations compromettantes et d'incongruités historiques, c'est, selon elle, le chef d'oeuvre du siecle.  

 

Autant dire que notre Angel n'est pas une personne agréable.  Impossible de ne pas être atterré devant son attitude envers sa mère et sa tante, devant son égoïsme et son sentiment d'importance.  Parce qu'Angel n'a aucun humour.  Elle ne sait pas rire d'elle même (même Darcy au début de P&P est un clown à côté d'Angel), ne comprend pas les demi-mots ou l'ironie et se prend définitivement au sérieux.   Ce portrait, lui-même complètement ironique, de l'auteure ma foi médiocre mais qui considère tous les critiques qui ne l'encensent pas comme des jaloux ratés, est parfaitement réussi.  Parce que plus les pages avancent, plus nous ressentons limite de la sympathie pour Angel, qui hérisse et pique tout le monde mais qui est à la fois terriblement seule, condamnée a être déçue par les gens réels qui ne sont jamais à la hauteur de ceux qui existent dans sa tête.   Dans son monde, complètement à côté de la réalité, elle continuera à rêver sa vie et à la réinventer jusqu'à la fin.  

 

Les personnages secondaires sont également très bien croqués et leurs réactions a Angel varie selon leur personnalité.  Theo, l'éditeur, la prend en affection en la craignant un peu (c'est tout un numéro, cette Angel, il faut dire), sa femme Hermione ne l'aime pas du tout mais aime l'observer... pour avoir par la suite des anecdotes à raconter sur cette femme pompeuse et complètement démesurée.  Nora l'aime pour ce qu'elle est, avec admiration, aimant se sacrifier pour elle.  Quant a Esmé, son grand amour... bon, je ne dirai rien sur Esmé.  Je vous laisse découvrir.  

 

Si l'action ne pleut pas, je ne me suis pas ennuyée une seule minute avec ce portrait.  J'ai adoré l'écriture, les personnages plus vrais que nature et pour la plupart si peu aimables, plein de défauts et d'excentricités.  Pour moi, quand une auteure me fait me passionner pour un roman alors que l'héroïne me laisse complètement perplexe (et souvent pantoise), c'est signe qu'il y a définitivement là quelque chose.  C'est parfois presque pathétique et j'ai finalement été très touchée.  Une excellente lecture donc.  Et je me réjouis d'avoir encore plein de livres de l'auteure à découvrir.  

 

Et je suis limite déçue que les livres d'Angelica Deverell n'existent pas pour vrai...  lire une romance un peu trashy où l'auteure a transposé allègrement des personnages de l'époque Georgienne en Grèce antique, en mélangeant joyeusement les dieux grecs et romains ainsi que les époques, le tout dans un style ampoulé et prétentieux, ça aurait ma foi du potentiel pour me faire rire un bon coup!


Je recommande, donc!

Et je reverrai le film pour mieux pouvoir comparer. 

Partager cet article