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Ilium - Dan Simmons

17 Juillet 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Science-Fiction (de partout)

Ilium.gifcoup-de-coeur.gifPrésentation de l'éditeur

Imaginez que les dieux de l'Olympe vivent.


Ils se déplacent librement dans le temps et l'espace grâce à leurs pouvoirs quantiques. Leur plus grand plaisir, c'est la guerre de Troie qui se joue sous leurs yeux. Pour y mettre un peu plus de piment, ils envoient des érudits terriens modifier les évènements à leur gré, en gardant toutefois le récit d'Homère comme référence. Mais en orbite, de petits observateurs surveillent les jeux divins.


Batailles grandioses, intrigues politiques et amoureuses, dialogues savoureux, une fresque passionnante qui mêle space opera et mythologie avec grand brio !

 

Commentaire

Je commencerai donc mon billet par un grand cri d'amour... Fashion, je t'aime!  En effet, j'avais un peu peur de lire les romans SF de Dan Simmons et je ne sais pas si j'aurais osé y plonger si la demoiselle en question ne m'avait pas envoyé ce roman pour notre swap "Intertextualité et Palimpseste" l'an dernier.    Non mais pensez-y, sans elle, je serais passée à côté d'un réel coup de coeur littéraire, d'un voyage extraordinaire... Bref, je suis conquise, passionnée.  Quel tourbillon littéraire!  Quelle richesse dans les idées!

 

Ce n'est plus un secret pour personne, j'adore tout ce qui est réécriture et je bats des mains à la moindre petite référence.  J'aime aussi quand l'auteur a des idées complètement tordues (en anglais, je dirais "twisted"... ça n'a pas tout à fait la même connotation, je trouve). Dans ce cas-ci, j'ai été servie.   Dan Simmons a réussi à rendre vivants et réels les héros de l'Iliade dans un contexte résolument SF, et s'il garde la trame, il se permet quelques petites pointes totalement politically incorrect qui m'ont fait mourir de rire.  Mais bon, tentons d'expliquer un peu ce qu'est-ce roman, qui ne se limite pas du tout, mais alors pas du tout à une réécriture de l'Iliade.

 

Il y a énormément de fils, énormément d'histoires qui finissent par se rejoindre... mais pas tout de suite, ce qui demande donc toute l'attention du lecteur, surtout au début.   D'un côté, nous avons les dieux de l'Olympe, dans toute leur grandeur et leur "humanité", qui s'amusent à employer des scholiastes (des humains décédés à qui on rend la vie pour une certaine période) et à les envoyer dans le temps, à l'époque de la guerre de Troie, pour observer - et/ou intervenir - dans les événements décrits par Homère.  Spécialistes d'Homère, ils savent d'avance tout ce qui va arriver, mais pas les dieux.  Hockenberry est l'un de ces scholiastes, à qui Aphrodite a donné une mission particulière.   Ailleurs, dans une autre époque, des "humains à l'ancienne", des êtres oisifs qui vivent sur une terre remplie de portails fax, de serviteurs et de protecteurs.  Ils ne font somme toute pas grand chose, ne tombent pas malade, ne vieillissent que très peu.   Un humain dans sa quatre-vingt dix-neuvième année (c'est connu, à cinq-vingt, on va rejoindre les posthumains dans les anneaux et on vit heureux pour toujours) commence à se poser des questions et décide de partir à la recherche des réponses.   Et il y a aussi les Moravecs (ceux qui m'ont le plus touchée, paradoxalement), êtres conscients mais de création posthumaine, qui sont en mission et qui passent le temps en discutant des sonnets de Shakespeare ou de la Recherche de Proust. Et là, je sens que je ne suis pas claire... c'est que j'ai perdu l'habitude d'écrire des billets!

 

L'histoire est complexe mais une fois que les personnages sont en place, le tout m'a passionnée.  Bon, j'ai lu ce livre en Grèce, entourée par des vestiges de ces histoires et de ces légendes, ce qui a sans doute contribué à mon exaltation, n'est-ce pas.  C'était comme si j'y étais.  Il faut dire que dans tous les sites où j'allais, on me parlait de Zeus, d'Appolon, d'Athéna ou des héros de Troie.   J'ai donc aimé voyager dans cet univers dont nous ne possédons pas toutes les clés, même à la fin du roman (je compte d'ailleurs lire la suite, vu l'état où j'étais quand j'ai lu les dernières lignes) et j'ai parfois vraiment ri à lire la "réalité" telle qu'imaginé par Simmons derrière les discours et récits d'Homère ou encore sa version de Prospero et de Caliban.  Bien entendu, j'ai dû manquer des références... mais j'ai pleinement apprécié (et cité, au grand désespoir de ma compagne de voyage qui ne comprenait rien à mon charabia) celles que j'ai pu voir. 

 

Toutefois, le roman ne se limite pas à une histoire où l'auteur s'amuse à faire du name-dropping de personnages réels ou fictifs.   Il y a de réels questionnements qui y sont soulevés, autant sur le plan de la manipulation génétique, des avancées scientifiques trop rapides qui ont parfois des résultats disons... légèrement désagréables, que sur celui de l'acceptation sans révolte et de l'indolence à l'extrême, où l'histoire et l'écriture sont oubliées.  Entre l'Iliade et les "humains à l'ancienne", le contraste est frappant. Quant à Thomas Hockenberry, le scholiaste, son cynisme et sa façon de tenter le tout pour le tout alors qu'il n'a plus rien à perdre.

 

Bref, c'était palpitant, passionnant... et il me faut la suite, qui est un aussi gros pavé (celui-ci faisait dans les 900 quelques pages).  Et vite, à part de ça!

 

Merci encore Fashion!

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