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Whisky et Paraboles - Roxanne Bouchard

6 Septembre 2012 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

Whisky-et-paraboles.jpgPrésentation de l'éditeur

"Une jeune femme quitte tout pour aller s'installer au fond des bois.  Elle veut refaire sa vie, recommencer à zéro.  Mais les voisins sont là...  Entre un gros gras grand musicien irresponsable qui accumule les lettres d'amour sans les ouvrir, un Amérindien qui lit Gaston Miron et un violoniste relayeur de folklore, elle a du mal à se franchir et le bar se transforme en refuge.  Jusqu'à ce qu'arrive Agnès, une enfant battue de huit ans, qui s'attache à elle et s'acharne à entrer dans son histoire. 

 

Whisky et paraboles est le journal d'Elie, une jeune trentenaire, qui tente de se pardonner tout ce qu'elle ne peut pas être.  En triturant les mots, en bousculant les phrases, elle chercher à exorciser les vieux démons de l'immobilisme, du prêt-à-penser et de la parole toute faite."

 

Commentaire

Non mais comment je vais faire pour vous parler de ce roman?  Mes mots à moi ne suffiront sans doute pas à vous expliquer ses mots à elle.  Quelle plume, ma foi.  Quelle plume!

 

C'est le journal d'Elie qui nous est livré. Elie qui attend le propriétaire d'une mandoline.  Elie qui veut tourner une page pour en écrire une nouvelle.  Elie qui est prisonnière de son silence.   Elie qui se raconte à nous tant qu'elle peut mais qui ne réussit pas à terminer ses phrases.   

 

Quand elle emménage au bout du bout du monde, elle s'attendait à tout sauf à ça.  À ces gens qui sont à eux seuls une petite légende, une petite parabole.  Ces gens blessés qui se croiseront et qui s'adopteront.  Que ce soit Richard le musicien qui ne veut pas ouvrir les lettres de ses admiratrices pour ne pas s'engager, ou Manu, l'amérindien parti de sa réserve et qui se sent déraciné, chez lui nulle part.   Mais il y aura surtout Agnès, une petite fille de 8 ans qui l'adopte et qui lui fait la cour.  À tout sauf à ça. Surtout pas à ça.

 

C'est donc l'histoire d'une femme qui apprendra à se pardonner, à aimer encore.  Qui finira par la tourner, cette page.  À trouver ses mots.  À croire en quelque chose, même sans trop savoir en quoi.  

 

C'est une écriture pleine de métaphores à la fois belles et poignantes.  Une écriture pleine de Québec et de mots de gens d'ici, dispersés comme ça, pour qui saura les reconnaître.  Les mots nous emportent, nous font dériver et nous entraînent avec eux, souvent loin de l'histoire, mais pas tant que ça, en fait.  On découvre petit à petit qui est Elie.  Car elle est bien cachée dans les mots, cette Elie. 

 

Une plume particulière, belle et poétique.  Une relation ma foi très attendrissante entre Elie et Agnès, son
Amorosa, celle qui veut être la fille qu'on aime.  Chaque personnage a sa façon de s'exprimer, bien différentes les unes des autres, même si on sent que derrière tout ça, il y a la plume de l'auteur.   Des paraboles, des légendes, des familles, un passé et un avenir. C'est tout ça que l'on trouve dans ce roman. 

 

Je ne suis pas certaine de les avoir toutes bien saisies, ces paraboles.  Le conteur, surtout... je crois que je n'en saisis qu'une partie.  Celle qui a rapport aux mots.   Mais bon, les paraboles, c'est pour nous faire réfléchir, n'est-ce pas. 

 

Une très belle lecture.  Et des mots magnifiques. 

 

Québec en septembre 2

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