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Une place à prendre - J. K. Rowling

18 Juin 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Europe (anglais)

Une-place-a-prendre.jpegPour une raison inconnue même de moi-même (en fais, semi-connue... et ça avait quelque chose à voir avec le prix si je me souviens bien...), j'avais décidé que je ne lirais pas ce roman de J. K. Rowling.  Puis, plusieurs mauvaises critiques ayant fait leur apparition, je me suis dit que je ne lirais CERTAINEMENT PAS ce roman de JK Rowling!  Puis, finalement, une copine - qui n'a pas dépassé la page 150 - me l'a prêté en me disant que c'était le roman le plus plate de la terre.  Et ça, ça m'a décidée à le lire.  N'essayez pas de comprendre. 

 

Résultat? 

J'ai adoré.

Totalement, complètement adoré.

 

Je ne saurais dire si c'est une tragédie comique.  Ou une comédie de moeurs remplie d'humour noir.  Mais ce roman nous transporte dans la vie d'un microcosme très particulier et, en même temps, ça pourrait se passer partout.  Dans n'importe quel petit village qui se croit un peu le centre de l'univers.  À Pagford, joli petit village - so very cute, où est dans le paraître - Barry Fairbrother vient de mourir.  Rupture d'anévrisme, début quarantaine.  Barry était aimé de - presque - tous.  Coach pour l'équipe d'aviron, ardent défenseur d'une cité, celle des Champs et d'un centre de désintox, conseiller paroissial.   Et dans ce petit village coquet où tout le monde connaît tout le monde et où on regarde la ville voisine avec de gros yeux, c'est un événement.  Il faut remplacer Barry au conseil.  La voilà, la place à prendre. 

 

C'est donc un roman de moeurs.  L'auteur jette un regard à la fois lucide, acéré mais aussi parfois indulgent sur cette petite micro-société, avec ses guerres, ses jalousies, ses querelles qui datent de l'âge de pierre, ses statuts sociaux et ses vanités triviales.  Aucun personnage n'est épargné.  Une genre d'atmosphère Dickensienne, en moins type et en teintes de gris.    Que ce soit le "premier citoyen" qui tient à tout prix à gagner son point et à rester le maître à penser du village, la femme en pleine remise en question de la quarantaine, les adolescents enragés contre leurs parents, l'homme violent et magouilleur ou encore l'assistante sociale qui veut aider mais qui n'y peut pas grand chose, tous sont réalistes, pas toujorus aimables (rarement, en fait) mais toutefois profondément touchants dans leur médiocrité.  En tout cas moi, ils m'ont touchée, justement parce qu'ils étaient loin de la perfection. 

 

Et, juste comme ça, avez-vous déjà fait partie d'un conseil d'administration?  N'importe quel, là.  De celui, important, d'une ville, le conseil d'une école ou au CA d'un organisme dont tout le monde se fout éperdument des décisions et des méandres internes.  Avez-vous déjà assisté à une bataille épique pour un poste ou pour une question qui devient soudainement hors-proportion pour l'organisme?  Ben voilà, c'est exactement ça.  La politique de village, de petites organisations, les magouilles, l'impression que tout tourne autour de ça... J.K. Rowling décrit parfaitement comment ça se passe, comment les couteaux peuvent voler bas.   Et ça, c'est jubilatoire à lire. 

 

Alors d'un côté, il y a les élections et de l'autre, la famille Weedon.  Krystal, pour être plus précis.  L'adolescente, fille d'une mère junkie, badgirl et badmouth par excellence de l'école, qui cache beaucoup de choses à ses petits camarades du fond de sa cité des Champs.  Son petit frère, dont elle tente de s'occuper, tout en restant une ado écorchée par la vie et difficile à atteindre.  On a de la peine à la voir se débattre dans tout ça, vraiment.  Et de l'autre côté, dans les hautes sphères, dans une indifférence totale, on parle de leur enlever le peu qu'ils ont...

 

Pas d'action de folie.  Juste les chroniques de cette petite ville, de tout plein de points de vue différents.  La fin est selon moi très réaliste, avec les personnages qui évoluent mais qui restent eux-mêmes.  Des portes sont ouvertes mais on ne sait pas trop encore où elles vont mener, tout n'est pas joliment bouclé et empaqueté.  La vie, quoi.  

 

Une style résolument différent de celui d'Harry, des thèmes plus adultes, un regard acéré porté sur la société anglaise.  Je découvre ici que Rowling peut réussir à faire vivre, réellement vivre, des personnages autres que ceux du petit monde d'Harry Potter, traiter de thèmes adultes et réussir un roman abouti et qui se lit tout seul.  Pour moi. 

 

Les avis sont contrastés.  On a détesté ou adoré.  On a vibré ou on s'est ennuyé.  Mais ce fut une rencontre totalement réussie pour moi, en raison de mélange de noirceur et d'espoir.  Je l'ai refermé et il me hante toujours. 

 

Ah oui!  j'ai le roman en traduction et j'ai trouvé que ça passait trèsbien.  À part pour les surnoms.  Là, par contre, je n'ai pas compris.  Beine-à-Jouir?  C'est supposé vouloir dire quoi?  En anglais, c'est Bends-your-ear, qui a un sens, au moins!

 

Lecture commune avec Mrs B et Novelenn!

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