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They came to Baghdad (Rendez-vous à Bagdad) - Agatha Christie

13 Janvier 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Europe (anglais)

they-came-to-baghdad.jpgPrésentation de l'éditeur (en partie, traduite par moi)

"À Bagdad se tiendra bientôt un sommet secret des superpuissances mais le secret est éventé et une organisation secrète du Moyen Orient complote pour saboter les pourparlers.

 

Dans cette situation explosive apparaît soudain Victoria Jones, une jeune fille friande d'aventures qui n'en demandait pas tant quand un espion blessé se retrouve dans sa chambre."

 

Commentaire

J'avais déjà lu ce roman ado et dans mes charmantes notes et post-its, j'avais noté: "Différent des autres romans d'Agatha Christie.  Bagdad a l'air pleine de sable.  Dans mes préférés. J'avais trouvé."   Malgré tout, j'en avais relativement peu de souvenirs, pour ne pas dire très très peu (ok, j'avoue pas du tout. J'aurais pu dire que ça se déroulait à Bagdad - quel esprit de déduction hein - mais c'est tout).  Il faut dire que j'ai dû lire 50 romans d'Agatha Christie pendant une période de 3 mois alors j'ai des circonstances atténuantes et je les mélange tous.   Comme j'ai entrepris de les relire en VO, j'ai naturellement choisi l'un des mes préférés. 

 

Il s'agit encore d'un roman qui ne met en scène ni Poirot, ni Miss Marple.  L'héroïne est plutôt Victoria Jones, une jeune sténo de Londres - ayant la particularité de faire une faute par ligne -  qui veut voir le monde et qui pense avoir trouvé le grand amour sur un banc de parc.  Malheureusment, le jeune homme part à Bagdad.  Notre demoiselle légèrement... impulsive ne fait ni une ni deux: elle décide de partir elle aussi pour le Moyen Orient, sans un sou bien entendu, dans l'espoir de retrouver Edward, le grand amour de sa vie, bien entendu. On s'entend qu'elle l'a vu une fois mais l'amour n'en fait qu'à sa tête, n'est-ce pas.

 

Le personnage de Victoria a fait pour moi une grosse partie du roman.  Elle est jeune, intrépide... et elle raconte absolument n'importe quoi à n'importe qui.  C'est aussi une excellente imitatrice et son plus grand malheur, c'est d'être 10 fois plus crédible quand elle ment que quand elle dit la vérité.  Insouciante, elle ne s'en fait pas trop en se disant que quelque chose arrivera bien pour la sortir du pétrin (a very Micawber-like attitude, selon Dame Agatha.  Comment ne pas aimer d'amour une auteure qui nous parle de Mr. Micawber, hein??).   Elle sera donc complètement empêtrée dans une situation impossible, au coeur d'une histoire d'espionnage international où sont déjà impliqués plusieurs organisations toutes aussi dangereuses les unes que les autres. 

 

Comme souvent dans les romans "d'aventures" de  Dame Agatha, ce ne sont pas nécessairement les intrigues qui en font le charme.  Oui, bien entendu, ça s'enchaîne, l'action n'arrête pas et ça garde éveillée jusqu'aux petites heures, quitte à avoir l'air d'un zombie le lendemain.  Mais ce sont plutôt les personnages et cette atmosphère un peu désuète, qui fait que oui, c'est un thriller politique, mais qu'on ne se sent pas du tout prisonniers de grandes machinations.  Le tout reste personnel malgré une intrigue de plus grande envergure.  Bagdad n'est pas l'Angleterre, mais quand même, on retrouve la "touche" Agatha Christie.  On se méfie d'un peu tout le monde, ce n'est pas tout de suite évident de savoir qui sont les bons et qui sont les gentils (ce n'est d'ailleurs sans doute jamais si clair que ça, n'est-ce pas) et c'est totalement dépaysant.  Certains passages sont délicieux (les fouilles... j'ai adoré!) et les personnages secondaires sont colorés et souvent très drôles, l'archéologue vivant carrément 3000 ans en arrière remportant pour moi la palme!

 

Et le petit plus à ce roman?  Les références littéraires à Milton, à Austen et surtout à Dickens.  Quand j'en vois, je suis toujours fébrile, limite que je sautille en tapant des mains.  J'ai été servie avec ce roman. 

 

Le verdict?  Je veux relire tous les Agatha Christie en anglais.  Un moment de pur bonheur tout simple, qui m'a amenée à Bagdad.  Et oui, il semble y avoir beaucoup de sable.  Mes réflexions me fascinent par leur insignifiance, parfois.

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