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The Witching Hour (Le lien maléfique) - Anne Rice

31 Mai 2010 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature américaine

Witching-Hour.jpgPrésentation de l'éditeur (pas le mien... yen a pas sur mon édition!)

"Sous le porche d'une vieille demeure à l'abandon de La Nouvelle-Orléans, une femme frêle et muette se balance dans un rocking-chair : Deirdre Mayfair est devenue folle depuis qu'on lui a retiré, à la naissance, sa fille Rowan pour l'envoyer vivre à San Francisco.

Et derrière la grille du jardin, un homme. Aaron Lighter, surveille inlassablement Deirdre, comme d'autres avant lui, pendant des siècles, ont secrètement surveillé la famille Mayfair. Car ils savent que, de génération en génération, les femmes du clan se transmettent leurs maléfiques pouvoirs et que la terrifiante et fabuleuse histoire de cette lignée de sorcières ne fait que commencer..."


Commentaire

Suite à ma déception lors de ma lecture de "L'heure de l'Ange", d'Anne Rice, j'ai sauté sur l'idée de Restling qui était de relire "The witching hour" (Le lien maléfique) du même auteur.   Parce que pour moi, les sorcières Mayfair, c'est la saga qui me vient immédiatement en tête quand on me parle d'Anne Rice.  Plus que Lestat et les vampires.  Lors de ma première lecture, dans l'avion qui m'a menée de Pittsburg (j'ai acheté mon livre à cet aéroport) à Miami, la famille Mayfair est devenue vivante, carrément.  Et j'ai presque fait le détour par La Nouvelle Orleans pour aller sur les lieux ce cette histoire... c'est dire à quel point j'étais accrochée!


Et ma deuxième lecture alors?  J'ai autant aimé, même si je me souvenais assez bien de l'histoire et que je n'ai pas eu d'immenses surprises.  En plus, j'avais dressé un arbre généalogique de la famille Mayfair à l'époque (croyez-moi, ce n'est pas une mince affaire!) et je l'ai utilisé dans ma lecture pour retracer les personnages, qui sont ma foi... comment dire... nombreux!!  Et qui ont tous Mayfair comme nom de famille!


Ce livre - le premier d'une trilogie - est en fait une grande saga familiale, celle d'une famille hantée par un mystérieux personnage ayant l'apparence d'un homme très beau et distingué.  Une famille très riche aussi, où, à chaque génération, l'héritage familial passe de mère en fille, vers "the chosen one".  La sorcière.  Ces femmes auront un destin grandiose ou tragique, de Donnelaith en Écosse à New Orleans, en passant par Saint-Domingue.  Et de loin, car ceux qui ont cotoyé les sorcières Mayfair ont souvent connu de terribles destins, une société secrète, le Talamasca, veille et observe.   De nos jours (bon, dans les années 90, vu que le livre a déjà près de 20 ans), Rowan Mayfair est neurochirurgienne à San Francisco.  Elle a été adoptée à la naissance et ne connaît rien de sa famille.  Quand elle sauve un homme de la noyade, Michael Curry, elle ne sait pas que sa vie vient de basculer et qu'elle se retrouvera plongée dans les histoires de ses ancêtres. 


Personnellement, c'est un pur plaisir de lecture que de relire ce roman.  Quelle différence avec les derniers livres de l'auteur que j'ai lus!  On nous transporte dans l'univers suffocant de la famille Mayfair et pour moi, encore une fois, cette famille est devenue réelle, autant dans le passé que dans le présent.  C'est le genre de livre pour lequel je dois me dire, chaque fois, que non, même si j'allais à la Nouvelle-Orléans, je ne verrais pas accourir 500 cousins Mayfair avec leurs manières à l'ancienne et leur esprit de famille!   Je touve assez incroyable qu'avec tous ces personnages, qui ne sont parfois pas présents très longtemps, ils réussissent à exister, avec leurs motivations pas très claires, leurs nombreuses facettes et leurs mystères.   Les personnages de Charlotte Mayfair, Mary Beth Mayfair et Julien Mayfair m'ont toujours fascinée et me fascinent encore, malgré leur ambiguïté et leur côté malsain.  Julien, surtout. Et j'ai réussi à avoir les yeux humides lors de sa mort (je ne spoile rien... Julien est né en 1828... c'est un peu normal qu'il soit mort de nos jours, hein!) et lors d'une scène de funérailles qui arrive assez tôt dans le roman.  En fait, c'est probablement Rowan que j'ai trouvé la moins intéressante des sorcières car elle n'a pas ce petit côté surrané, étant une jeune femme bien moderne et bien de son temps. 


L'atmosphère... ou plutôt les atmosphères m'ont donc semblé particulièrement réussies et le mystère qui plane encore sur plusieurs personnages les rend plus profonds qu'ils ne semblaient l'être au départ.... L'histoire de la famille Mayfair nous est apprise en même temps qu'à Michael et Rowan par des potins ou les archives du Talamasca, nous n'en connaissons que des bribes, des fragments, rapportés par des observateurs et, plus rarement, par les protagonistes eux-mêmes.  Nous n'avons donc pas un récit totalement linéaire mais plusieurs qui apparaissent dans la trame narrative principale, entrecoupés de scènes du présent.  Et c'est ce regard souvent extérieur, souvent subjectif, souvent mensonger, qui rend les personnages aussi énigmatiques.   Il est très difficile de distinguer le vrai du faux, particulièrement quand Lasher, le fameux homme de la maison de la première rue, est concerné.  De plus, la fameuse maison de First Street est presque un personnage tellement elle est vivante, présente, pleine de recoins et de mystère. 


Le style d'Anne Rice est très descriptif, avec beaucoup d'adjectifs, beaucoup de répétitions.  Et le rythme est lent.  Ça ne plaira donc pas à tous car avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut presque 200 pages.  Bon, le début est nécessaire, on s'en rend compte par la suite mais j'ai eu l'impression assez cinématographique qu'on nous présentait des événements et des personnages, comme au début d'un film, sans trop nous expliquer, par des scènes diverses et variées qui semblent n'avoir rien à voir l'une avec l'autre.    Et les archives du Talamasca (ma partie préférée) font quoi...plus de 400 pages!  Certains autres seront complètement dégoûtés par la généalogie disons... particulière de la famille Mayfair, qui aime bien se marier - ou concevoir - entre eux.  Souvent très proches d'eux.   Et certains propos mis dans la bouche d'enfants font parfois réagir.  Sauf que pour moi, ça faisait partie de l'ensemble, de cette famille complètement bouleversée, complètement secrète et chavirée, guidée par une entité qu'ils ne comprennent pas toujours,ou pas à temps. 


Je n'avais pas prévu relire la suite (Lasher - l'heure des sorcières... je sais, c'est mêlant... je ne comprends pas ce qui leur a passé par la tête en choisissant les titres français des deux premiers tomes - et Taltos) parce que je me rappelle bien de cette partie et que c'est surtout l'histoire des Mayfair qui me captive plus que la mythologie derrière tout ça.  Et que bon, l'accomplissement final m'a encore laissée un peu sur ma faim, après 1000 pages de longues descriptions précises, celle-ci aurait pu gagner en épaisseur.   Mais comme je croyais que le récit de Julien se trouvait dans ce livre et que pour finir... non.. je pense que je vais relire au moins "Lasher".  Je sais, je suis une cause perdue, avec ma pile.  Mais c'est plus fort que moi!


Et je veux aller à New Orleans.  Et je veux faire mon arbre généalogique.  Again.  Un éternel recommencement, hein!!!  N'empêche que c'est encore le livre d'Anne Rice que je préfère.  Et de loin!!  Je n'adhère pas vraiment à son tournant "religieux", qui m'ennuie plus qu'autre chose.


2730302048_a36fae9b3c.jpgLa fameuse maison au coin de First Street et Chesnut, dans le Garden District, la maison de la famille Mayfair dans le livre, et la maison où Anne Rice a habité pendant plusieurs années. 

 

Le billet de Restling avec qui je faisais lecture commune!

 

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