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Sur la plage de Chesil - Ian McEwan

1 Juin 2014 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Europe (anglais)

sur-la-plage-de-Chesil.jpegJ'avais eu un réel coup de coeur pour Expiation, de McEwan.   Du coup, j'ai sauté sur l'occasion du mois anglais - qui commence aujourd'hui - pour lire un autre de ses romans.  Sur celui-ci, j'avais lu de tout. Certains avaient adoré, d'autres détesté.  Du coup, je l'ai ouvert avec d'autant plus de "hiiiii", car j'avais autant hâte de lire l'histoire que de savoir de quel côté j'allais me trouver.  C'est fou, plus les avis sont variés, plus ça me donne envie de lire un roman.  

 

Vendons donc la mèche dès le départ : je fais partie de ceux qui ont aimé.  

 

J'ai aimé pour le côté réaliste, les personnages pas si aimables que ça (ok, carrément agaçants des fois... mais j'en ai tellement marre des héros parfaits que pour moi, c'est un plus dans un roman) et qui voient leur vie changée par orgueil, égocentrisme et manque de communication.   Le tout dans une atmosphère tendue au possible, tout en étant profondément déprimante.  Et l'auteur a réussi à me rendre profondément mal à l'aise pendant 200 pages.  Yep, j'aime pour de drôles de raisons, des fois!

 

Nous sommes donc en Angleterre, au début des années 60.  Edward et Florence viennent de se marier mais sont surtout juste avant leur nuit de noces, qui les obsède tous les deux, mais pas de la même manière.  Pour elle, le sexe, c'est répugnant tandis que lui n'attend que ça.  Elle est prisonnière d'un carcan d'ignorance et de jugements.  Il la veut, elle, mais est tout aussi anxieux, a peur de ne pas être à la hauteur.  Contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre, on n'a pas droit à une scène de cul de 200 pages... L'histoire de Florence et Edward nous est racontée par bribes, passant de l'un à l'autre avec des flashbacks et des retours au présent.  Nous vivons avec eux leur rencontre, la naissance de leur amour.  Pour en arriver là, devant un mur.  

 

Ce que j'aime particulièrement avec McEwan, c'est sa façon d'amener les révélations.  Une phrase glissée comme ça, l'air de rien... et qui prend tout son sens plus on lit.   Rien n'est dit clairement, il fait confiance à son lecteur.  Et ça, pour moi, ça n'a pas de prix.   Tout au long de ma lecture, j'ai eu le goût de les secouer, de tenter de leur faire sortir de leur petit eux-mêmes.  Mais ils sont profondément immatures, en un sens.  Et ils ne savent pas grand chose, autant sur la sexualité que la communication.   Parce qu'au fond, ça aurait pu virer autrement, tout ça.  Et facilement à part de ça.   

 

Bref, je ne veux pas trop en dire pour ne pas spoiler mais même si je suis moins enthousiaste que pour Atonement, c'est un roman que j'ai réellement apprécié mais qui ne plaira pas à tout le monde.  Disons que je comprends parfaitement pourquoi les billets sont mitigés; on pourrait facilement ne pas du tout être touché par Edward et Florence.  Quant à moi, je les ai trouvés pas nécessairement sympathiques... mais émouvants... 

 

Bref, je me comprends!  Et j'aime toujours McEwan!

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