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Russian Winter (Un papillon sous la neige) - Daphne Kalotay

10 Mars 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature américaine

Russian-Winter.jpgPrésentation de l'éditeur

"Quand elle décide de faire une vente aux enchères avec sa remarquable collection de bijoux, Nina Revskaya, ancienne étoile du ballet Bolchoï, croit qu'elle a enfin tiré un trait sur son passé.  Toutefois, elle se retrouve envahie de souvenirs de son pays d'origine et d'événement parfois glorieux, parfois déchirants, qui ont changé le cours de son existence un demi-siècle plus tôt. [...]"

 

Commentaire

Je n'ai volontairement pas pas traduit toute la présentation de l'éditeur, qui en dit beaucoup trop à mon goût.  J'ai en effet aimé me laisser porter par le roman sans trop savoir qui était qui, et vers où ça nous menait.  Bon, ok, ça fait que la première partie peut paraître un peu longue mais globalement, c'est un roman que j'ai aimé. 

 

Malgré le titre, il ne faut pas s'attendre à un "roman russe"  (cliché, je sais... mais bon, la plupart des romans russes que j'ai lus avaient un côté complexe, profond et souvent pessimiste.  C'est probablement en lien avec ce qui est traduit et ce qui ne l'est pas).  En effet, même s'il se passe en bonne partie en Russie, "Russian Winter" est un roman écrit par une américaine.  Ce n'est pas péjoratif, ce que je dis là, pas du tout.  Je le savais quand je l'ai acheté et du coup, mes attentes étaient donc en ce sens. Et comme il était question de Russie et de ballet, j'étais vendue d'avance.

 

L'histoire s'ouvre sur Nina, ancienne première danseuse du Bolchoï (le ballet de Moscou), qui choisit de vendre sa collection de bijoux, amassée au cours de toute sa carrière.  Elle habite maintenant à Boston, a quatre-vingts ans et est dans un fauteuil roulant.  Elle, qui avait toujours maîtrisé son corps à la perfection, peut à peine bouger.    Nous faisons également connaissance avec Drew, employée de la maison qui s'occupera de la vente aux enchères et qui doit établir un catalogue avec l'historique des bijoux ainsi que Grigori, professeur à l'université et traducteur du poète russe Viktor Elsin.   Quand un pendentif assorti à un ensemble que Nina a sorti de la Russie est amené anonymement à Drew pour qu'il soit inclus dans la vente aux enchères, Nina va se retrouver plongée dans son passé et nous découvrirons par bribes comment elle est arrivée à Boston. 

 

La Russie que nous visitons ici est celle de Staline, juste après la seconde guerre mondiale.  Ici, les appartements sont divisés et chaque pièce habite une famille complète, il faut faire la queue pour réussir à manger et surtout, faire très attention à ce que l'on dit parce que les murs ont des oreilles.  Tout et n'importe quoi peut être anti-patriotique et la méfiance règne.  Nina se revoit jeune danseuse talentueuse et musicale, prête à tout pour réussir, avec son mari Viktor, duquel elle est très amoureuse.   Elle revoit aussi Madame, la mère celui-ci, qui a tout perdu après la révolution et ne s'en est jamais remise.  Et aussi Gersh, le meilleur ami de Viktor, musicien et juif.  Et Vera, amie d'enfance et danseuse avec elle.  Magnifique Vera qui attire les regards de tous les hommes.   J'aime toujours ces regards sur le passé, vus avec une lunette à la fois un peu nostalgique mais aussi dans ce cas très amère.  Et je me suis vraiment sentie emportée dans cette partie de l'histoire, certaines images du Kremlin et de la basilique sous la neige me sont restées gravées dans la tête, malgré la façon simple qu'a l'auteure de raconter. 

 

J'ai eu plus de mal à m'imprégner des parties "au présent" mais après un moment, je me suis attachée à Drew mais surtout à Grigori, homme dans la cinquantaine perdu suite au décès de sa femme, à la recherche de son passé, espérant y trouver ce qu'il est vraiment.   Bien entendu, on voit venir très tôt ce qui s'est passé, mais eux, contrairement à Nina, n'ont pas vraiment d'indices au départ, à part quelques lettres, photos et des bijoux.  J'ai surtout eu de la peine pour Nina, devenue prisonnière de son corps et surtout très amère, blessée par la vie dans sa jeunesse et ne réussissant pas à pardonner, ni à elle, ni à personne.   Bon, parfois, on a le goût de la secouer un peu, de lui dire de s'ouvrir les yeux.  Mais quand même, son destin est grandiose et triste à la fois.

 

Un roman qui se lit très bien quand nous y sommes bien installés (le début a été pour moi un peu ardu), facile à comprendre malgré les nombreux retours en arrière, qui nous fait entrevoir une vision de la vie en Russie à cette époque où tout était contrôlé, où même l'art devenait propagande, où la peur dominait tout le monde.  Bien entendu, ça ne révolutionnera rien du tout, mais c'est une belle histoire et j'ai beaucoup aimé qu'on me la raconte.  

 

J'écris ce billet en janvier donc, ça semble un peu loin, comme ça, mais il sortira en français en avril, pour ceux que ça intéresse. 


Edit: Bon, il paraît que le roman est sorti en mars... j'ai dû avoir une mauvaise info il y a quelques mois!  Ou mal regarder. :)

 

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