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Rules of civility (Les règles du jeu) - Amor Towles

10 Décembre 2012 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature américaine

rules-of-civility.JPGPrésentation de l'éditeur (celle d'Albin Michel, en partie)

"New York, fin des années 30, entre Grande Dépression et Seconde Guerre mondiale, une ville qui se réinvente chaque jour., celle des grandes comédies américaines où des héroïnes sophistiquées et sarcastiques se lancent à la conquête des beaux quartiers sur un air de Gershwin... Katey (née Katya), la narratrice, dactylo dans un cabinet juridique, dissimule soigneusement ses origines (parents immigrés, Brooklyn).

 

Elle a 25 ans, une intelligence redoutable, des nerfs d'acier, un esprit mordant et de l'ambition à revendre. Un soir de réveillon en compagnie de sa colocataire Eve, elle croise l'aristocratique Tinker Grey, un jeune et séduisant banquier qui n'est pas insensible à son charme.

 

[...] Trente en plus tard, elle tombe sur deux portraits de Tinker dont on a perdu la trace, et se souvient de celui qui a changé son destin..."

 

Commentaire

Je me doutais bien que ce roman avait tout pour me plaire, même si j'avais lu autant de billets enthousiastes que de billets très mitigés.  Déjà, les années 30, l'ambiance à la Gatsby, le côté nostalgique... je ne pouvais qu'être séduite, je crois.  Et, effectivement, ça n'a pas manqué. 

 

Nous rencontrons Katey dans les années 60, lors d'une expo de photos qui représentait des inconnus dans le métro, pris à leur insu presque 30 ans plus tôt.  Soudain, elle pointe une photo à son mari.  Tinker Grey.  Un homme qu'elle a connu en 1938, alors qu'elle était secrétaire à New York.   Presque tout le roman est un long flashback où Katey revit une année de sa vie, celle qui a tout changé.  C'est un roman de découverte de soi et si notre héroïne semble souvent en retrait des situations qu'elle vit, c'est elle qui, pour moi, a fait une grande partie du charme du roman.  Très peu consciente de ce qu'elle est, de son anticonformisme, elle vit un peu dans l'ombre de sa meilleure copine et coloc Eve, sans trop se poser de questions mais en cachant ses origines.  Le but: s'amuser et sortir même si on n'a pas un sou. J'ai adoré son évolution, sa prise de conscience graduelle, le changement de sa vision du monde (ici, j'allais parler de nuances de gris mais il me vient immédiatement des visions de fouet, de cravates et de vaches sacrées, ce qui n'a aucun espèce de rapport avec cette histoire... du coup, j'hésite), la perte de certains préjugés et illusions, ses espoirs, ses rêves, son ambition.

 

Et quand, au nouvel an, Tinker entre dans le décor, c'est un nouveau monde qui s'ouvre à Eve et Katey.  Tinker, c'est un peu le prince charmant (sans le poney à paillettes).  Beau, drôle, riche, prévenant, il entrera dans leur vie de façon flamboyante et leur ouvre les portes de l'aristocratie New-Yorkaise, des immeubles à portiers et des folles dépenses. On sait dès le départ qu'il y aura une dégringolade mais je me suis accrochée à ces moments passés avec eux.   Le rythme n'est pas super rapide, il y a plein de situations où on attend quelque chose qui ne vient pas mais justement pour ça, ça m'a rappelé la vraie vie.  Et j'ai aimé replonger dans mes propres souvenirs et me remémorer ces gens qui sont passés dans ma vie, comme ça, qui n'y sont plus nécessairement mais qui ne sont pas passés pour rien, d'une certaine façon.  On sent l'héroïne sereine par rapport à tout ça mais tout de même, on sent qu'il y a quelques trucs pas totalement résolus.

 

Je n'ai pas aimé tous les personnages (Eve en particulier, qui a eu le don de m'agacer), même si j'ai souvent compris l'ambivalence de leurs sentiments, leurs non-dits.  Le roman est aussi bourré de références, certaines très bien placées (d'autres moins, mais bon... n'est-ce pas, Flo ;))) à plein d'auteurs et de romans que j'adore.  Je retiendrai en particulier Gatsby (entendons-nous, il y a de gros gros points communs) et Great expectations, qui ont tous deux des échos dans cette histoire.   Du coup, je ses que je relirai bientôt le Dickens.  Moi aussi, il me fait du bien, ce bon vieux Charlie.  

 

Un roman à lire au son d'un trio jazz, en s'imaginant un martini à la main (ou en en ayant un pour vrai, c'est au choix) et un collier de perles autour du cou.  J'ai aimé!

 

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