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Persepolis - Marjane Satrapi

23 Octobre 2012 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Bandes dessinées - mangas

Persepolis.gifcoup-de-coeur.gifCommentaire

C'est après avoir lu "Lire Lolita à Téhéran" que j'ai eu envie de sortir cette BD que mon frère m'a offerte il y a genre... longtemps.  Dans le temps où les gens m'offraient encore des livres, genre.  Quand ma bibliothèque ne leur faisait pas peur et qu'ils ne me croyaient pas complètement folle.  Disons que c'est "avant" que j'ai déballé mes boîtes de livres à lire.  Ceci explique cela!

 

Mais revenons à cette BD que j'ai adorée, je vous le dis tout de suite.  Il s'agit de l'autobiographie de l'auteure, née en Iran en 1969, au sein d'une famille aisée ayant par ailleurs des idées communistes.  C'est donc encore une enfant lors de la révolution culturelle islamique.  Une enfant qui verra sa vie bouleversée, les idéaux pour lesquels ses parents se sont battus bafoués, qui vivra la guerre Iran-Irak de l'intérieur. 

 

J'ai adoré parce que ça sent le vécu et que c'est tout sauf geignard.  On sent parfaitement l'évolution de la jeune fille qui voulait être prophète (et qui ne comprend pas tout) quand elle était jeune à l'adolescente rebelle, jusqu'à l'adulte en pleine crise identitaire.  Ses idées seront mises à mal, confrontées.  Et la désillusion de la jeune fille qui se voulait révolutionnaire, dont les parents se sont battus pour la révolution, n'est que plus amère quand le régime islamiste prend le pouvoir avec les conséquences que l'on sait.  

 

La BD aborde également l'un de mes thèmes préférés, le passage à l'âge adulte qui, dans ce cas, ne se fait pas facilement.  Marji vit une crise identitaire profonde.  Expatriée, loin des siens, déracinée, elle a du mal à se définir, autant par rapport à elle-même qu'à son pays qu'elle aime profondément malgré ses déceptions.   Poignant de réalisme et dédramatisé à la fois.   

 

Pour l'occidentale que je suis, il est difficile de ne pas frissonner devant certaines scènes, devant la façon dont sont traitées les femmes.  Pourtant, ici, bien que ce soit présent tout au long du roman, il n'y a pas d'apitoiement, seulement un vécu au quotidien et de la colère.  Colère que je ne peux m'empêcher de ressentir en lisant le récit. Pourtant, le propos garde une certaine distance, remet les choses à leur place. 

 

Le dessin est simple, tout en noir et blanc et sert bien le propos.  Rien pour s'extasier sur la beauté des images, mais étrangement, ça passe parfaitement. 

 

Je ne sais quoi dire de plus pour vous convaincre de la lire... mais sachez que c'est un gros coup de coeur pour moi.   Vraiment. Ça permet de mieux connaître - une partie de - ce peuple, de voir derrière les apparences, en raison de ce regard "de l'intérieur". 

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