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Parapluies - Christine Eddie

17 Avril 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

Parapluies.jpgPrésentation de l'éditeur

"La pluie a commencé à tomber le jour où Matteo a disparu. Jusqu’à son départ précipité, Béatrice ne pensait pas qu’elle aurait besoin d’un gilet de sauvetage. Pour garder la tête hors de l’eau, elle s’accroche à Aisha, une jeune Somalienne qui entre à l’improviste dans sa cuisine à l’heure des actualités. La main dans celle de l’adolescente, elle attend le retour de l’homme avec lequel elle vit depuis quinze ans.

Pendant ce temps, Francesca ronchonne au rez-de-chaussée, Daphnée rêve de rencontrer le docteur Jivago et Thalie trame un plan fabuleux qui lui permettra de retrouver son père.

Entre l’Italie et le Québec, à l’ombre d’un HLM et sous l’oeil bienveillant de Barack Obama, les nuages s’amoncellent. Il pleuvra pendant trente-quatre jours. Le temps de découvrir que les parapluies sont des refuges nécessaires, mais fragiles. Surtout lorsqu’un vent se lève."

 

Commentaire

J'ai acheté ce livre impulsivement en librairie en allant récupérer quelque chose pour une copine.  J'avais 32 secondes.  Mais bon, j'ai vu le nom de l'auteure (j'avais adoré "Les carnets de Douglas") et les poupées russes... et disons qu'il m'a sauté dans les mains.  Tout seul, comme ça, comme un grand.  Et je ne sais que trop rarement résister à un roman qui m'appelle à grand cris déchirants "adopte-moi, adopte-moi"!

 

Aussitôt acheté, aussitôt lu.  Pour une fois.   Et encore une fois, à la page un, la magie avait opéré.  C'est rare que je dis ça mais la plume de Christine Eddie me rejoint vraiment.  Comme si ça avait été écrit pour moi.  Ça coule, c'est tout en émotion sans jamais être dégoulinant ou voyeur.  Les portraits sont à peine esquissés que toutes sortes d'émotions sont évoquées.  Pourtant, les personnages sont loin de moi.  Mais ça a fonctionné.  Encore une fois. 

 

Le récit est celui de trois personnages féminins.  Trois tirant sur le cinq.  Il y a Béatrice, début quarantaine, qui ne vit que pour son époux, Matteo, qui est parti le jour de son anniversaire à elle.   Ce départ lui fait réaliser à quel point sa vie est vide sans lui.  Elle n'est qu'attente et elle s'accroche à une image terrible vue à la télé: une jeune somalienne lapidée.   On le ressent, ce vide.   Carrément.  Daphnée, quant à elle, est une jeune étudiante solitaire, obèse, passionnée de littérature russe.  Thalie, jeune métisse de 10 ans, est à la recherche de son père alors qu'elle réalise que ce que sa mère lui a raconté n'est peut-être pas tout à fait exact.   Parce que bon, plus ça va, moins ça se tient.  Elles ne se connaissent pas.  Pas encore.  

 

Malgré le thème, la rencontre de solitudes, il n'y a pas de mélo dans tout ça.  Beaucoup de délicatesse, une atmosphère particulière.  Rien d'idéal, juste un renouveau, l'amorce de quelque chose, une reconstruction.  Du moins le chantier d'une reconstruction.  On comprend le fil petit à petit, aucune surprise énorme mais beaucoup de cohérence et des personnages qu'il faut découvrir.  On ne nous donne pas tout cuit mais tout de suite, on sait.  Par leurs actions, pas parce qu'on nous le dit. 

 

Les chapitres alternent les points de vue des trois personnages principaux et c'est par leurs yeux que nous découvrirons aussi Francesca, la belle-mère de Béatrice, et la maman de Thalie, mère célibataire vivant dans un HLM au milieu des quartiers chics.  Mais aussi Matteo, le mari disparu on ne sait où.  Absent, son ombre plane partout et influence une grande partie du récit.

 

Un excellent moment de lecture.  J'ai aimé, est-ce que ça paraît?

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