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Les peaux cassées - Richard Dallaire

21 Octobre 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

peaux-cassees.jpgC'est une histoire bien étrange, entre ce roman et moi.  Au récent salon du livre du Saguenay, la représentante de chez Alto s'est montrée à la fois très sympathique et excellente pour vendre ces romans.  D'ailleurs, petit message, plusieurs devraient prendre exemple sur elle... et s'occuper des clients plutôt que de jaser entre eux au salon.  Peut-être que ça fonctionnerait mieux.  C'est fou ce qu'on peut vendre, quand on prend la peine de présenter notre stock!  Mais passons et revenons à ces peaux cassées, qui s'est avéré une excellente surprise. 

 

Le lendemain soir, j'allais à un souper organisé par le salon du livre, où des auteurs nous livrent des extraits de leurs oeuvres.  J'accroche immédiatement sur le texte d'un jeune auteur de mon coin... pour réaliser, en sortant mon super iphone et la version portable de Goodreads, qu'en fait, je venais de l'acheter, ce roman.   Et qu'en plus, comme j'habite une petite ville, c'était le roman du "frère de... " et du "fils de...".  Drôle de coïncidences.

 

Mais bon, je cesse dès maintenant cette parenthèse "je raconte ma vie" et je vous parle du roman. 

 

Le narrateur est réparateur de peaux cassées.  Il répare ce qui peut se réparer et place le reste dans des boîtes.   Il est en couple avec Carole, femme-poisson qui possède le don de toujours trouver la bonne parole, le bon mot, pour consoler les hommes et les femmes.   Leur monde, il est en déroute.  Les gens ont faim et la faim justifie les moyens.  Leur quartier va rapidement se transformer en jungle urbaine impossible à traverser sans danger et les étoiles s'éteignent.  Mais les deux personnages principaux sont doués pour le bonheur et sensible au malheur des hommes, ce qui rend un peu de lumière à ce monde terrible. 

 

Malgré la société dépeinte dans le roman (on ose espérer que ce ne soit pas divinatoire), c'est avec un sourire et beaucoup d'espoir que je referme ce roman.  Malgré les scènes parfois assez gore (comme l'auteur le dit lui-même, il y a du meilleur et du pire, dans ce livre), la sensibilité des personnages principaux, qui, parfois sans même s'en rendre compte, créent autour d'un un havre de paix qui rend le roman plutôt lumineux, en fin de compte.  Ou plutôt percé de rayons de lumière, voilà.  De la lumière qui traverse et disperse le malheur et la détresse. 

 

Certes critique de la société actuelle où le sort des plus pauvres d'entre tous est souvent méprisé, ce roman est également un éloge de la bonté intrinsèque, des révolutions à petite échelle.   La preuve que quelque chose de bien peut sortir de la déroute la plus totale.  Le tout dans une langue imagée, jouant sur les mots, les expressions, les significations et dans un univers où des éléments fantasques viennent rajouter des significations - un peu comme chez Vian - à ce récit où les images abondent.  L'auteur fait confiance à son lecteur (vous ne pouvez pas savoir à quel point j'aime quand ça arrive) pour trouver ses significations à lui, toutes les significations ne sont pas données, sans pour autant laisser une impression d'inachevé.  Tout ce que j'aime, quoi.

 

À lire si vous aimez les récits imaginatifs, un peu surréalistes et si vous ne craignez pas certaines scènes un peu gore.   Un auteur que je suivrai!

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