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Les doigts croisés - Jocelyn Lanouette

14 Septembre 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

doigts-croises.jpgCe livre et moi, on a eu une drôle d'histoire. 

 

Je l'avais choisi dans une bouquinerie parce qu'il était publié chez XYZ (à qui je fais une confiance limite aveugle) et que l'idée d'un chauffeur de corbillard me plaisait.  Et fin août, je l'ai ouvert. 

 

Oups. 

 

Au début, je dois avouer que j'ai eu peur.  Et par début, je parlerais des 50 premières pages.  J'aimais déjà le style simple,  mais recelant parfois des phrases qui me laissaient longtemps rêveuse.  Et d'autres... bon... perplexe? Mais le contenu, j'avais du mal.  Ode au présent, à la vie mais surtout aux fesses et aux seins de la copine du narrateur, Suzie.  Il me semblait que chaque scène (et elles sont courtes) se finissait dans un lit.  Ou pas, en fait.  Partout sauf dans un lit. 

 

Puis la vie continue, la vie nous rattrape.  Les enfants arrivent et à partir de ce moment-là, j'ai adoré ma lecture.  Puis, soudain, j'ai été frappée par les événements.  Puis, touchée, vraiment.  Et là, j'ai compris ce début.  L'importance de cette sensualité, de toute cette vie débordante qui nous est offerte.  En fait, même si ce début est un peu "trop", un peu cabotineur, on comprend. 

 

Je ne vous en dirai pas plus.  Je vous laisserai découvrir par vous-mêmes les thèmes de ce roman émouvant, parfois bouleversant.  Mais il parle surtout de vie, je dirais.  De vie et d'espoir.  Avec de courts paragraphes et une écriture percutante, l'auteur nous entraîne dans le cheminement du narrateur, un homme dans la trentaine qui conduit une Cadillac avec des passagers bien silencieux à l'arrière.  Le rythme est tout simplement génial, faisant traîner des saisons, en faisant presque disparaître d'autres, faisant les moments de bonheur se fondre dans un genre de brouillard où ressort le sourire de Suzie (et, pour lui, ses seins et ses fesses). 

 

L'auteur joue habilement avec la syntaxe, avec les rythmes.  Il y a un réel travail sur les temps de verbes, très judicieusement utilisés, qui rend le tout réellement frappant et parlant.  On a une impression ma foi très réussie d'instantanés de la vie de l'auteur.  De photographies volées au temps.  Les bonnes. 

 

Bref, un roman dont je ressors émue mais que je ne conseillerais pas à tout le monde.  Genre, ma petite maman d'amour que j'aime et qui me lit, ce n'est pas pour toi.  Limite  que c'est le sous-titre : "Pas pour la maman Denise de Karine"

 

Et il y a une de mes citations de Lamartine préférées là-dedans.  Ça compte, non?

 

Québec en septembre 2013 - 1

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