Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Mon coin lecture ... maintenant à moncoinlecture.com

Le syndrome de la vis - Marie-Renée Lavoie

1 Septembre 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

Le-syndrome-de-la-vis.jpgPrésentation de l'éditeur (en partie)

"Josée souffre d'insomnie chronique.  Parfois, elle n'arrive plus à comprendre les choses les plus simples tant la fatigue l'accable.  "Pense à rien.  Pis dort", lui dit son chum Philippe, excédé.  Mais ne penser à rien est impossible pour cette femme dont les pensées ne cessent de tourner dans sa tête, telle une vis sans fin. 

 

Honteuse d'un récent accès de colère, au cégep où elle enseigne, elle prend quelques jours de congé et cherche de l'aide auprès d'un médecin, puis d'un ostéopathe.  Mais le baume viendra d'ailleurs.  De sa famille et de ses voisins.  De l'amitié et de la tendresse.  Le baume, mais pas la guérison.  Quand on ne dort pas, le défi est d'occuper ses nuits [...]"

 

Commentaire

De Marie-Renée Lavoie, j'avais beaucoup aimé "La petite et le vieux".  Du coup, quand, après une longue auto-interdiction de visite en librairie, j'ai recommencé à visiter ces lieux de perdition, c'est vers ce roman que je me suis tournée.  En me disant que ça me ferait un truc pour la prochaine édition de "Québec en septembre".   Là, j'imagine vos sourcils s'arquer d'incompréhension parce que vous aurez forcément remarqué (avec votre perspicacité légendaire) que nous ne sommes pas encore en septembre.  Mais voilà, ce roman a reçu le rare privilège d'être "aussitôt acheté, aussitôt lu". Lucky him. 

 

Nous rencontrons donc Josée.  Josée Gingras. Josée vit une relation un peu drabe (comprendre "beige") avec Philippe et une autre, beaucoup plus obsédante mais nettement moins agréable, avec le sommeil.  En fait, elle lui court après et il ne veut rien savoir.   Elle est donc épuisée, plus fonctionnelle du tout et stresse parce que bon, si elle ne dort pas, elle va être encore plus fatiguée demain et - sinon ce ne serait pas drôle - plus elle stresse, moins elle dort. 

 

Suite à une éclatante rencontre entre elle et le téléphone cellulaire de l'un de ses étudiants fendants (et où elle a gagné, enfin... ses pieds ont gagné), elle décide de prendre quelques jours de congé.  Pour tenter de reprendre pied.  Et c'est là que notre histoire commence, dans un condo (pas une maison, un condo) de la région de Québec.

 

Disons-le tout de suite, j'ai beaucoup aimé.  Ce n'est pas le coup de coeur qu'a été "La petite et le vieux" mais je crois que j'aime beaucoup la plume de cette auteure, bien ancrée dans la langue d'ici, qui s'attarde aux petites choses, aux détails pour réussir à rendre ce quotidien tout sauf banal.  L'auteur sait parfaitement faire ressortir ces petits riens qui rendent chaque moment unique.  Et si le thème peut sembler sombre, le roman est plus lumineux que triste.  Même si ça part ma foi bien mal pour Josée. 

 

Josée, ça aurait pu être moi il y a quoi... 1 an ou deux.  Quoique bon, au plus fort de mon manque de sommeil et crise de nerfs, je n'ai pas attaqué un cellulaire, mais un ordinateur.  Ça peut coïncider.  Du coup, sa vis qui tourne sans fin, ces discours décousus et interminables, ce que j'appelais mon hamster cérébral hyperactif, je la connais.  Et je trouve cette partie super bien décrite.  On entre dans la tête de Josée et on se sent aussi désemparé qu'elle.  Puis soudain, un peu d'espoir.  Espoir qui vient de son voisinage, de Joseph, le voisin du premier avec un chat à trois pattes, surtout.  De sa famille aussi.  De son frère qu'elle adore, de ses neveux, de sa mère et même de son père mort qui placote avec elle en faisant des mots croisés et en fumant une cigarette-santé. 

 

Il y a donc beaucoup d'amour, beaucoup d'affection et d'entraide dans ce roman.  J'ai ri comme une folle devant les dissertations et les courriels d'étudiants (la comparaison Rostand-Tolkien était presque jouissive), j'ai rêvé devant une rivière de mars et versé ma larmichette lors d'une certaine traversée du mur.   On traite d'insomnie (et bon, nous ne sommes pas loin de la dépression, avouons-le) mais de deuil aussi.  De deuils passés et de deuils futurs qui envahissent parfois notre présent.  Le tout raconté avec un humour qui colle très bien à la situation.

 

J'aurais toutefois aimé plus de pages pour m'attacher davantage à ce microcosme qui passe juste un peu trop rapidement pour moi.  J'aurais voulu plus.  Plus de scènes de vie, un cheminement plus lent (car si j'ai souri à la fin - j'adore l'idée).  En effet, c'est un peu trop idyllique et surtout trop rapide pour être crédible.  Quand on est dans un tel état (elle placote quand même avec son père décédé sur une base régulière, la miss), ça prend plus que quelques jours de congé pour se remettre sur le piton. Believe me!  J'aurais donc aimé des relations plus approfondies (entre Josée et son frère, entre Josée et Joseph... entre tous les voisins, quoi), pour me sentir encore plus à fond dans ce petit monde sympathique qui nous est si bien présenté.

 

Et... question? Pourquoi toutes ces allusions à la sueur et au dessous de bras?  Il y a une symbolique que j'ai manquée?

 

Bref, j'ai beaucoup aimé. 

Et je conseille.

Partager cet article