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La sonate à Kreutzer - Léon Tolstoï

5 Janvier 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature russe

sonate-a-kreutzer.jpgPrésentation de l'éditeur

"Je posai le revolver et le recouvris d'un journal.  Je m'approchai de la porte et l'ouvris.  C'était la soeur de ma femme, une veuve à la fois bonne et stupide...

- Vassia, vala voir.  Ah! c'est affreux, dit-elle

"Aller la voir?" m'interrogeai-je.  aussitôt je me répondis qu'il fallait aller la voir, que probablement cela se faisait toujours.  Quand un mari, comme moi, avait tué sa femme, il fallait certainement qu'il aille la voir.  "Si cela se fait, il faut y aller, me dis-je.  Et si c'est nécessaire j'aurai toujours le temps", songeai-je à propos de mon intention de me suicider...

- Attends, dis-je à ma belle-soeur, c'est bête d'y aller sans bottes, laisse-moi au moins mettre mes pantoufles."

 

Commentaire

Ouf, le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne m'attendais pas du tout à ça en commençant cette nouvelle de Tolstoï, de qui j'ai énormément aimé Guerre et Paix et Anna Karénine.  "La sonate à Kreutzer" est un texte d'une centaine de pages qui nous raconte l'histoire d'un homme, Pozdnychev, ayant tué sa femme.   Il rencontre le narrateur dans un train et lui racontera son histoire.  Mais la nouvelle m'est surtout apparue comme un essai philosophique sur le mariage et sur les dangers de l'amour charnel. 

 

Je dois avouer être un peu partagée au sujet de cette lecture.  Sans aucun doute, il s'agit d'un texte puissant, qui marque, racontée par un personnage qui n'a visiblement pas toute sa tête.  Cet aspect m'a beaucoup plu mais les parties philosophiques - qui font, admettons-le plus de la moitié du récit - m'ont paru un peu lourdes, parce que je n'y adhérais pas.  Jusqu'au dernier instant, j'ai cru qu'il y aurait une autre morale que ça mais non... Tolstoï y croyait vraiment à ces théories.  Je le savais mysogine et désillusionné par rapport à l'amour et au mariage mais pas à ce point-là....

 

En effet, selon la théorie exposée, l'amour physique et charnel dégraderait l'homme, encore plus dans la mariage que dans une vie de débauche.   Il faudrait éviter les relations physiques.  On y retrouve aussi une critique de la société où les jeunes filles sont offertes et exposées au plus offrant, tout en étant bien mal préparées aux réalités de la vie et du mariage.  Bref, dans cette nouvelle, c'est la désillusion d'un homme face à vie matrimoniale, qui, par jalousie, en viendra à tuer sa femme.   J'ai beaucoup aimé les parties où il raconte simplement son histoire, surtout à partir du moment où la sonate apparaît, car l'écriture de Tolstoï me plaît toujours autant. On sent la folie, on réalise que le personnage qui nous raconte ces horreurs sans jamais se remettre en question se croit dans son bon droit - tout en étant torturé - et ça fait carrément peur.   La dernière partie est plus fluide et même si l'on sent l'idée derrière ce récit, elle nous est moins imposée. 

 

N'empêche que c'est un texte puissant, qui fait partie de l'oeuvre plus "preachy" de Tolstoï.  Il mentionne lui-même vouloir prouver plusieurs points et la postface, où il est encore plus explicite "J'estime que c'est mal" m'a encore plus secouée qu le texte.  Une vision si pessimiste, c'est somme toute assez triste...

 

Et la fameuse sonate, là-dedans? Tolstoï était grand amateur de musique. Selon les notes, suite à une écoute de la sonate en question avec des amis, Tolstoï avait demandé aux amis en question d'exprimer par leur art ce que cette musique exprimait pour eux.   Le premier mouvement, passionné, aurait contribué à inspirer Tolstoï cette nouvelle.  Je simplifie, je sais... si vous voulez tout savoir, il va falloir lire. 

 

Mais comme je suis gentille, voici ce premier mouvement de la sonate pour violon et piano de Beethoven, appelée la sonate à Kreutzer, sonate que Kreutzer n'a par contre jamais présentée...

 

 

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