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La petite et le vieux - Marie-Renée Lavoie

5 Septembre 2010 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

la-petite-et-le-vieux.jpgPrésentation de l'éditeur

"Elle se nomme Hélène, mais se fait appeler Joe parce qu'elle veut vivre en garçon comme lady Oscar, son héroïne de dessins animés préférés qui est le capitaine de la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Comme elle, elle aimerait vivre à une autre époque et réaliser de grands exploits, car elle a l'âme romantique et un imaginaire avide de grands drames. Mais elle doit se contenter de passer les journaux, puis de travailler comme serveuse dans une salle de bingo. Après tout, au début du roman, elle n'a que huit ans, même si elle prétend en avoir dix.

Hélène a trois soeurs, un père très occupé à être malheureux et une mère compréhensive mais stricte qui ponctue ses phrases d'un «C'é toute» sans réplique. Elle vit dans un quartier populaire peuplé de gens souvent colorés dont le plus attachant est sans nul doute son nouveau voisin, Monsieur Roger, un vieil homme qui rêve de mourir. Il passe ses journées à boire de la bière, mais il accourt dès qu'on a besoin de lui. Hélène et lui développent une amitié indéfectible."

 

Commentaire

Je vais vous parler aujourd'hui d'un roman bien québécois dont j'ai connu l'existence par le biais d'Agnès... qui habite en Allemagne!  C'est dire à quel point je vis sur une autre planète, n'est-ce pas!  Pourtant, juste avec la mention de Lady Oscar, j'aurais dû me jeter sur ce roman dès sa sortie tellement j'ai aimé cette série, même si j'étais un peu grande pour ça à l'époque.  Bon, j'avoue, en bonne fille-fille, je me prenais davantage pour "Anne, la maison au pignons verts" que pour Oscar, mais quand même!!!

 

D'emblée, j'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a ramenée à une époque où j'avais moi-même l'âge de l'héroïne, Hélène, qui souhaite qu'on l'appelle Joe (comme Jo des 4 filles du Dr March) parce que Oscar, à cette époque c'était une maque de balai.  C'est un roman qui parle du quotidien, du petit monde d'une enfant qui grandit dans un quartier populaire de Limoilou où traînent les personnes désinstitutionnalisées de St-Micher Archange, quartier qui est pour elle son petit univers.  Joe rêve d'être courageuse, de sauver tout le monde par son courage et son abnégation et vit dans son petit monde à elle, tout en ayant les deux pieds bien ancrés dans sa réalité: une mère sévère et droite (maman "c'est toute", comme elle l'appelle), un père triste et complètement désillusionné, deux soeurs, une petite et une grande, un voisin qui passe ses journées assis dans un fauteuil à fleurs avec sa caisse de bière à attendre de mourir.  Les sous sont rares, Joe voudrait libérer chacun de ses soucis et elle poursuit son petit bonhomme de chemin, de l'enfance à l'adolescence.

 

C'est une histoire de passage à l'âge adulte comme je les aime, avec une héroïne attachante, pas démunie et n'ayant pas la langue dans sa poche.  J'ai souri tout au long du livre en raison de ses réflexions sur la panoplie de voisins et de situations rencontrées.   Les personnages sont variés, on les entend presque parler et on se les imagine très bien, avec leurs petites manies, leurs défauts, et aussi leur grandeur parfois bien cachée.   On sent bien le regard porté par la narratrice adulte sur l'enfant qu'elle a été, ainsi que sur les personnes, souvent hautes en couleur, qui l'ont accompagnée dans cette partie de sa vie. 

 

Quant à moi, qui ai dans les mêmes âges que Joe, je n'ai pu qu'être touchée et sentir monter en moi un gros paquet de souvenirs à cette lecture.  Je n'ai pas grandi dans cette ville et je n'ai pas eu une enfance dans une famille comme Hélène.  J'étais plutôt petite fille gâtée mais les veillées sur le balcon, les enfants qui jouaient dans la rues, les voisins et les voisines qui connaissaient tout le monde, les amis qui passaient les journaux, les joggins pastel des années 80, ça j'ai connu.  Même si c'était ailleurs, la vie ressemblait un peu à ça autour de moi et avec le langage populaire de l'époque, j'ai entendu parler les grands-oncles et les grandes tantes et parfois moi aussi, avec les expressions à la mode de l'époque.  Cette partie "langage québécois des années 80" m'est apparu particulièrement réussie et réaliste. 

 

Sans être une critique sociale, on sent l'ironie poindre sur certaines coutumes et sur la société de l'époque, particulièrement en ce qui concerne la désinstitutionnalisation des personnes souffant d'une maladie mentale. Les portraits des personnages, même secondaires m'ont beaucoup plu et c'est un très beau portrait d'enfant délurée dans les années 80.   C'est le quotidien, mais le quotidien, c'est souvent tout un univers!

 

Bon, je pourrais pinailler et mentionner que Canal Famille, au début des années, 80, ça n'existait pas encore (ça s'appelait TVJQ... et si j'avais pu être pluggée dessus avec un cable USB à l'époque, je l'aurais fait).  Je ne sais pas à Limoilou mais dans mon coin, Lady Oscar n'a pas passé sur tant d'années (il n'y a quand même que 2 saisons) et il a été diffusé après 1984... à moins que ce soit une secondes diffusion, ça se peut, je ne veux pas parler à travers mon chapeau!

 

Mais en fait, c'est un détail... je garderai le souvenir d'un savoureux roman qui goûte mon enfance!

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