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L'homme de la Saskatchewan - Jacques Poulin

27 Septembre 2012 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

L'homme de la SaskatchewanPrésentation de l'éditeur

"L'écrivain Jack Waterman accepte d'être le "nègre" d'un joueur de hockey qui veut raconter sa vie, puis il refile le travail à Francis, son petit frère. Le hockeyeur est un métis dont les ancêtres ont été décimés par la milice anglaise en Saskatchewan; il a des idées bien arrêtées sur la place que la langue française devrait occuper dans le Grand Club.

 

Craintif au début, Francis s'affirme à mesure qu'il écrit, mais il doit se méfier des silhouettes louches qui rôdent aux alentours.  Heureusement que la Grande Sauterelle arrive de San Francisco avec un LadySmith et des jambes assez longues pour séduire n'importe qui."

 

Commentaire

Suite à ma lecture de Volkswagen blues et à ma Promenade des écrivains sur Jacques Poulin (oui, en juin... je sais, je prends de l'avance), j'ai eu envie de relire l'auteur alors avec Jules, nous sommes entrées à la Librairie Pantoute et j'ai pris à peu près tout ce qu'il y avait de l'auteur que je n'avais pas déjà.  Marie-Eve Sevigny, qui nous balade ainsi à travers Québec, devrait avoir une cote sur les ventes.  Elle est ma foi une très très vile tentatrice!  Si j'ai choisi celui-ci en particulier, c'est que j'avais bien envie de retrouver la Grande Sauterelle, personnage que je venais à peine de quitter. 

 

Mon choix n'a pas peut-être pas été des plus judicieux parce que ce tome étant le dernier sorti et que les personnages de Poulin sont souvent récurrents, j'ai eu l'impression d'arriver en retard sur les personnages.  Par chance, ma promenade m'avait un peu située et j'ai pu repérer des lieux et des anecdotes qu'on venait tout juste de me raconter sinon j'aurais été un peu perdue. Pas que ce soit nécessaire d'avoir tout lu avant pour comprendre, loin de là.  Mais quand on connaît ses personnages, on a parfois ce petit élan de tendresse supplémentaire, ce sourire qui nous vient parce qu'on comprend l'allusion, qu'on fait partie de la gang, quoi.   Et comme à toutes les fois où j'ai lu Poulin, les mots sonnent juste.  Sous une apparente simplicité - d'intrigue et d'écriture - se cachent un voyage intérieur, des étincelles d'éternité qui changent les personnages.  Bon, ici, il se passe quand même un "vrai" quelque chose mais ce n'est que le prétexte au "voyage vertical", comme le nomme Marie-Eve Sévigny (yep, encore elle... je vous dis, tout est de sa faute!)

 

Dans ce roman, la douceur est plus diluée.  On nous parle de l'écriture, de la difficulté d'écrire que ressent le vieux Jack, de celle de Francis qui tente de passer de lecteur à écrivain.  On nous parle aussi d'histoire, de celle des canadiens français mais surtout de celle des Métis, dont l'identité est si fragile.  Métis comme l'est Isidore Dumont, gardien de but francophone originaire de la Saskatchewan ayant le Grand Club pour objectif.  Comme l'était son ancêtre Gabriel Dumont, oublié de l'histoire.  Comme l'est aussi la Grande Sauterelle, qui essayait déjà de se trouver dans Volkswagen Blues.   Mais c'est également le français, langue d'un peuple, le nôtre, qui fait entendre sa voix.  Le Grand Club, notre Sainte Flanelle, est pratiquement anglophone, c'est la norme.  Et Isidore Dumont s'insurge. 

 

Ce ne sera pas mon roman de Poulin préféré mais les mots m'ont encore une fois transportée.  Et j'ai revu en le lisant ces rues de Québec que je venais d'arpenter.  Et j'ai le goût d'en lire/relire d'autres de l'auteur.  Je vous dis, c'est une drogue!

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