Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Mon coin lecture ... maintenant à moncoinlecture.com

L'art de placoter à la québécoise... 2013-3

21 Septembre 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Challenges

DRAPEAU (1)

 

Pour cette troisième séance de français québécois, restons dans les expressions d'ici. Mais cette fois, c'est moi qui explique.  Et qui radote.  Comme de coutume.

 

Module 1 : prononciation et syntaxe

Module 2 : jeu questionnaire

 


Moi, à mon neveu: Pis, vous êtes-tu allés chez ta matante Geneviève en fin de semaine?

 

 

Yep... une tata, pis un tonton, ce n'est pas la mode ici.  Ça ne l'a jamais été.  En effet, dire à quelqu'un "t'es ben tata", c'est loin d'être en compliment.  C'est plutôt de la lignée "t'es ben cave", "t'es ben tarla" ou "t'es ben taouin"!  "Ce que tu peux être con!", quoi!  Du coup, on va laisser faire.

 

Quant à un tonton, imaginez un enfant massacrer ça pour que ça ressemble à "teton".    Ici, une "méchante paire de tetons", je pense que vous vous imaginez forcément ce que ça veut dire (imaginez 36 DDD, si vous n'aviez pas compris).  Et en plus, c'est super vulgaire.  Pas un mot que j'utilise, quoi.   Imaginez donc un charmant creton de quoi... 2 ans et demi trois ans, avec toute la candeur qui caractérise cet âge béni, shooter à son oncle : "Mon tonton préféré!" (ou "mon gros tonton préféré", s'il a le filtre à off)... ça risque de mal passer!

 

Du coup, c'est ma tante ou mon oncle.  Voire même "ma matante" et "mon mononcle".  On utilise ça pas mal moins qu'avant mais la tournure de phrase utilisé dans l'exemple n'est pas du tout rare.   Par contre, avec l'article indéfini devant, "un mononc'", c'est pas non plus un compliment.  Surtout s'il y a l'adjectif "cochon" accolé"



Si un jour vous m'entendez vous raconter quelque chose... ça risque d'aller comme suit... surtout si je suis un peu survoltée!

 

 

- Pis là, là, lui, ya fait....

- Pis là, elle, elle lui a dit..

- Faque tu comprends, elle était...

- Pis asteurre (comprendre maintenant), elle se sent...

 

Pour finir avec un

- Faque, c'est ça!

 

À quoi vous pourrez répondre "Ben là!!"

(Tu déconnes ou quoi??)

 

J'avoue, les "la, la", c'est typique de ma région.  Et j'en abuse.  Et le "faque", qui vient de "ça fait que" pourrait être traduit par "alors"!  Et il semblerait que j'aie la vilaine habitude d'utiliser tout croche le mot "malgré" que je combine allègrement avec "que" pour former l'inexistante et peu gracieuse locution conjonctive "malgré que"... j'ai limite honte!


 

Selon Fashion, j'ai tendance à avoir ben des bebelles à la maison.  

Et là, je vous entends penser.  Des quoi?

Des bebelles.  Des cossins, quoi. 

Ok, pas mieux, à vos regards.  Des patentes pas super utiles?

Des gizmos?

Je ne vais pas m'en sortir, je pense!

Surtout qu'on l'utilise un peu pour tout et n'importe quoi. 

 

"Je suis allée magasiner pis j'ai acheté 3-4 bebelles à la librairie". 

Comprendre que j'ai acheté 3-4 trucs mais que bon, ça ne compte pas, hein...

 

"Elle a dit 2-3 bebelles qui m'ont tapé sur le système"

Des petites choses qui m'ont énervée, quoi...

 

Ou, au départ... des jouets d'enfant :))

"Mon chou, ramasse tes bebelles, là, la visite arrive!"

 

Dépendant de l'âge du chou ou du type de jouet impliqué... je vous laisse interpréter!


 

Bon, tout le monde connaît les sacres québécois. 

Crisse, câlisse, tabarnak (le premier "A" est essentiel pour ne pas avoir l'air cave en le disant, amis français), stie, sacrament (encore une fois, tout est dans le "a"... le 2e cette fois)... Bref, vous voyez le style. 

 

Mais saviez-vous que les sacres, ça se conjugue?

Et que ça peut vouloir dire tout et m'importe quoi??

 

D'abord, le sacre-verbe. 

À l'infinitif : M'as t'en crisser une!

Au présent: Non mais on s'en tabarnaque!

À l'imparfait: Y s'en câlissait tellement!

À l'impératif:  Décrisse, câlisse!

 

Le sacre-nom.

Tel quel: Le p'tit criss!

              :  C'est l'fun en estie!

Adjectif, avec dérivation morphologique: Elle était vraiment décâlissée! (ou décrissée... c'est au choix)

Adverbialisé : C'est crissement beau!


 Bien entendu, il est de TRÈS mauvais goût de dire quoi que ce soit de tout ça à un boss.  Ou un collègue!

 


 

Suffit pour aujourd'hui!

Mais j'ai plein d'autres expressions en réserve.    Je voulais d'ailleurs m'enregistrer mais le courage me manque!

Partager cet article