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Jumping the queue (La resquilleuse) - Mary Wesley

27 Septembre 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Europe (anglais)

Jumpint-the-queue.jpgPrésentation de l'éditeur (en partie)

"Matilda Poliport, veuve, a décidé d'en finir.  Pendant qu'elle met son méticuleux plan à exécution, elle interrompt un certain Hugh Warner qui tente lui aussi de se suicider.  La vie recommence alors pour la dame ainsi que pour le jeune homme qui fuit la police."

 

Commentaire

Je vous avais déjà parlé d'un roman de Mary Wesley ici et j'avais adoré cette pelouse de camomille que j'ai d'ailleurs offert tout autour de moi.  Je désespérais un peu de trouver ses autres romans, qui ne sont pour la plupart plus édités en VO alors quand je suis tombée sur une pile de six romans de l'auteur dans une bouquinerie, je ne me suis pas posé de questions, j'ai embarqué le tout.  De toute façon, les livres épuisés, ça ne compte pas. 

 

Ce roman-ci, récemment réédité en français par les éditions Héloïse d'Ormesson sous le titre "La resquilleuse", est le premier roman "adulte" écrit par Wesley, alors qu'elle avait un tout petit 70 ans.  On nous raconte donc l'histoire de Matilda, la cinquantaine, veuve depuis 3 ans.  Quand le roman commence, elle part en pique-nique, avec du brie, une pêche, du vin, et des pilules.  Son but: ne pas en revenir.  Elle a soigneusement rangé sa maison, mis ses affaires en ordre.   Pourtant, tout ne se déroule pas comme prévu.  D'abord, il y a des pique-niqueurs sur SA plage, qui veulent SON rocher.  Et ensuite, quand vient le temps de mettre en action le plan B, il y a un jeune homme recherché, un jeune homme qui a tué sa mère, qui semble être le premier en ligne.  Parce qu'elle veut se sentir vivre, Matilda le ramène chez elle et l'installe dans la chambre d'amis.  Et une étrange relation va se nouer entre cette femme qui croit que son temps est fini et ce jeune homme qui ne peut envisager un avenir.  Le tout sous l'oeil aimant d'un jars.  Oui, vous avez bien lu.

 

C'est un roman assez sombre que celui-là.  Beaucoup de tristesse, de désillusion.  Un sentiment de culpabilité oppressant qui se cache derrière les remarques anodines et l'humour un peu bravache de Matilda.   Il n'y a pas de place pour le politically correct et sous son apparence de femme décalée qui se moque de tout avec un flegme tout britannique, même quand elle révèle des choses qui nous font sursauter, on ressent cette souffrance refoulée, cette remise en question constante qu'elle préfère ne pas voir.  Ne pas voir non plus les fautes de ses proches.  Ou les voir et s'en vouloir à elle-même, l'air de rien.  

 

Des rendez-vous manqués, des gens qui se protègent et qui ne devraient peut-être pas, d'autres qui sèment des vérités  ou semi-vérités avec un sourire faux.  Et une femme qui se révèle devant un inconnu, quelqu'un qui fuit la police parce que, on ne sait pas pourquoi, il a tué sa mère. 

 

Un roman qui m'a beaucoup plu malgré ( ou peut-être en raison de) son côté un peu amer, désillusionné.  Rien n'est tout noir ou tout blanc.  Une chose est certaine, je relirai l'auteure.  Son écriture, sa façon de suggérer plutôt que de tout étaler, l'atmosphère qu'elle réussit à créer, un peu lanscinante, me plaisent beaucoup. 

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