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If it fits in a toaster...

10 Septembre 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Chroniques d'une LCA

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Voyez la jolie photo ci-dessus...

 

Ce sont mes sous-verres.  Et jusqu'à maintenant, j'étais persuadée que ce qui était écrit dessus était over-réaliste.  Genre très représentatif de mes capacités culinaires.  C'est que bon, on dirait que 80% des mes gaffes monumentales arrivent dans une cuisine.  On se demande bien pourquoi.

 

Donc, techniquement, "If it fits in a toaster, I can cook it".  Techniquement.   Parce que bon, là, je me questionne réellement sur mon QI de cuisinière... 

 

Nous sommes donc le matin.   Un jour de semaine, l'un de ceux où je travaille.   Et parce que je suis la reine de l'auto-opposition et de la procrastination, même si je me lève toujours vers 5h du matin, JAMAIS je ne déjeune avant 7h moins trois minutes.  Alors que je dois partir à 7h.  Ne cherchez pas à comprendre, 35 ans plus tard, j'essaie encore.   Si je devais partir une heure plus tard, ce serait une heure plus tard... pour que je me décide à bouger, je dois avoir la conviction profonde que si je ne le fais pas là, maintenant, tout de suite, je vais être en retard.   Mais passons, ce n'était pas du tout ce que je voulais raconter ici. 

 

Donc, 6h57 minutes.   Je me balade en jupe et en soutien-gorge vu que comme je suis l'ennemie jurée du fer à repasser (fer à repa... quoi? direz-vous), j'ai foutu mon top dans la sécheuse quelques minutes pour qu'il soit portable sans avoir l'air de sortir d'une boîte à surprise.  Je sais l'environnement me déteste...   N'oubliant pas la loi du toaster, je pitche un bagel dans le dit appareil (je mange un bagel tous les matins depuis 15 ans.  Et ce n'est que cet été que j'ai appris que ça équivalait à 8 tranches de pain.  Je comprends les kilos, du coup... merci Juliette!) et je continue la petite routine... attraper mon livre, mon téléphone, mon thé pour la journée... l'habituel, quoi. 

 

Et là, parce que je veux être efficace (et que je suis, encore une sainte foi, limite en retard), je veux prendre de l'avance,  C'est donc les mains pleines que je décide de déterrer le pot de fromage à la crème (j'avais écrit le pot de fromage Philadelphia... mais ça ne dira rien à plein de monde, je crois, hein?  Vous avez, du Philadephia, chez vous, à part les Québécoises?), qui est bien entendu en train de jouer à la cachette entre des pots de jus, de beurre de pinottes et, allez savoir pourquoi, un exemplaire de ma revue de l'Ordre des orthos.  Oui, dans le frigo.  Non, je ne sais pas comment elle a pu atterrir là.  Probablement un coup du docteur.  Ou alors je voulais garder les nouvelles fraiches, allez savoir...

 

Mais imaginez-vous que pour une raison inconnue - même de moi-même - j'avais aussi ouvert la porte du congélateur, en haut du frigo.  Comme dans ma grande joie d'avoir récupéré mon pot de Philly, j'ai dû me relever un peu vite, voilà que l'excroissance parfois inutilisée qui me sert de crâne est joyeusement allée heurter la porte du congél, que j'ai failli tomber et que je me suis rattrapée sur une poignée qui traînait là, très bien placée, juste à porter de ma petite main blanche.

 

Malheureusement, c'était un pot de sirop d'érable. 

En verre. 

Vous savez, le pot où j'avais versé TOUTE une grosse canne neuve de sirop d'érable, pour impressionner la galerie?  Celui qui, après une valse hésitation limite artistique sur le bord de la tablette du frigo, est allé s'écraser au ralenti sur l'étage inférieur du frigo, avant de poursuivre da course sur la céramique, en n'oubliant pas d'éclater au passage, pour terminer son périple juste en dessous de l'îlot?  Celui qui a tenu à laisser sa trace sur la plus grande surface possible?

 

Et là, je bougonne que non, je n'aurais pas pu accrocher le pot d'eau, hein.  Ou même limite le pot de jus d'orange.  Non, il fallait le pot de sirop d'érable.  Celui qui COLLE.  Et je vous rappelle qu'il est 6h57.  Oups, non, 6h59, maintenant.  Et que bon, même en voulant être la plus paresseuse possible, c'est tout bonnement impossible de ne pas ramasser ça tout de suite. 

 

Dans ma grande intelligence, je commence à ramasser tout ça, à genoux sur une chaise pour ne pas me couper les pieds (parce que bon, la jupe, à ce moment-là, est assaisonnée comme une crêpe hein... inutile de penser à la porter pour la journée) (et oui, mes solutions sont parfois un peu fantasques, quand on y pense bien... mettre des souliers, ça aurait été trop logique) et je commence à me dire que j'aurais franchement dû m'attacher les cheveux avant de commencer cette tâche.  Parce que bon, ma super chevelure qui pousse comme de la mauvaise herbe (certains ont émis l'hypothèse que c'était parce que j'avais de l'eau dans le crâne... je dis plutôt que j'ai du bon engrais, voilà) est en train de se substituer à la vadrouille et que même en tournant et en retournant la situation dans tous les sens, ce n'est pas du tout, mais alors là pas DU TOUT glamour.  

 

C'est dans cet état  d'esprit douloureux, alors que je réalise que je suis bonne pour la douche, que je réalise que mon bagel est coincé dans le toaster.  Vous savez, on dirait que les bagel, il y a toujours un petit morceau de trop qui coince dans le grillage...  Le problème?  Il y a entre moi et le toaster un océan de sirop assaisonné de morceaux de vitre.  La solution?  Me tirer sur la porte du frigo pour faire avancer... la chaise.  Ben oui, ça doit ben glisser, du sirop... 

 

Le détecteur de fumée, toujours aussi capricieux, décide bien entendu de décoller, je grogne, je redouble mes efforts en tirant plus fort et en m'étirant comme je peux... jusqu'à ce que je vois que le frigo semble un peu plus proche qu'avant... et bizarrement angulé, en plus.  Imaginez mes yeux agrandis d'horreur à la perspective de ce qui risque d'arriver.  Je suis over forte en images mentales prémonitoires... 

 

Quand le jus d'orange ET le pot d'eau ont rejoint le sirop, je me suis dit que bon, je l'avais presque demandé à l'univers, hein...

 

Par contre, groooos anti-climax, le frigo ne m'est PAS tombé sur le dos (ça aurait été plus drôle... mais aussi beaucoup plus coûteux) et dans l'un de mes rares élans de logique, j'ai lâché la porte et j'ai risqué la plante de mes pieds pour redresser le truc à temps.  Je ne sais pas par quel miracle j'ai évité toute coupure, mais bon, je suis intacte, mon frigo aussi... et mon toaster a rendu l'âme, calciné. 

 

Il se repose maintenant au paradis des Toasters. 

Je pense que je vais m'acheter un four grille-pain, maintenant.  Ça ouvre les portes à touuuut un nouvel univers de gaffes, croyez-moi. 

 

Et bon, je passerai sur le nombre de fois où j'ai dû passer la vadrouille pour pouvoir marcher sur mon plancher sans rester collée.  Ou sur l'heure à laquelle je suis arrivée au travail.  Ou sur l'aura de  bonne humeur débordante et scintillante que je dégageais. Sans compter l'odeur de sirop, qui n'est disparue qu'après 3 douches de mes cheveux. 

 

Alors bon. 

Je pense que je vais changer de sous-verres, hein... il ne faudrait pas que je fasse trop de publicité mensongère pour mes capacités culinaires.

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