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Honni soit qui mal y pense - Henriette Walter

4 Décembre 2012 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Essais - poésie et autres

Honni-soit-qui-mal-y-pense-copie-1.jpgPrésentation de l'éditeur

"Quand on aime, on donne sans compter... et quand on sait que plus des deux tiers du vocabulaire anglais viennent du français et du latin, que le mushroom anglais est en fait le mousseron français assaisonné à la mode anglaise et que le bol français est à l'origine le bowl anglais prononcé à la française, on comprend alors qu'entre ces deux langues, c'est une véritable histoire d'amour qui a commencé il y a plusieurs siècles... et qui dure.

 

C'est l'histoire peu commune de deux langus voisines et néanmoins amies qu'Henriette Walter conte ici en parallèle.  Et le lecteur découvre avec surprise que l'érudition n'est pas forcément ennuyeuse!  Honni soit qui mal y pense..."

 

Commentaire

L'histoire et l'évolution des langues me fascine.  Bon, en même temps, vu le travail que je fais, c'est encore une chance.  De Henriette Walter, j'avais déjà lu "L'aventure des langues en occident", que j'avais adoré.   J'ai donc été ravie de me pencher sur ce livre (oui, c'est de la non-fiction et en plus, c'est de la linguistique), qui se lit comme un roman.  C'est que cette histoire est passionnante.  Le français et l'anglais sont deux langues que je connais et que j'aime.  Du coup, j'ai pu y trouver tout plein de repères.  Et en plus, je trouve que l'auteure réussit à ne pas prendre trop parti pour une langue ou pour l'autre (j'ai juste été un peu perplexe vers la fin) et elle précise clairement ses sources ainsi que ses incertitudes et hypothèses.  Ça rassure.

 

Le français et l'anglais, donc.  Deux langues qui, de par leur histoire, se sont beaucoup mélangées, à des époques souvent différentes.   En effet, de par l'arrivée de Guillaume le Conquérant en Angleterre, la langue de celui-ci a beaucoup influencé l'anglais de l'époque.  Et l'anglais a eu des répercussions sur le français par la suite.  L'ouvrage ne se contente pas de nous donner de la théorie.  Il regorge d'anecdotes et d'exemples concrets que j'adore.  En fait, c'est ce qui me plaît le plus dans ça.  Ces mots qui ont été empruntés par une langue, oubliés dans la langue source, puis réempruntés par la suite, avec un nouveau sens et des modifications.  Ca me fait sourire et me fascine à chaque fois.  Et dans le cas du français et de l'anglais, c'est vraiment particulier.

 

Les premiers chapitres m'ont semblé un peu redondants vu que j'ai lu L'aventure des langues en occident il y a relativement peu de temps.  En effet, Henriette Walter commence par situer son sujet le contexte global pour que le lecteur puisse mieux comprendre ce que veut dire "descendre de telle langue" et comment les différents mouvements des peuples ont influencé les langues.   Des frontières, ça bouge, n'est-ce pas!  Par contre, dès qu'elle a plongé plus directement dans le sujet de cet essai précis, j'ai été à nouveau très très intéressée.  On part du vieux-français, du moyen-anglais, de tout ce qui a mené à l'anglais actuel, avec un accent sur les échanges entre les deux langues.   Bien entendu, l'histoire commence en Europe mais il y a également une partie sur l'Amérique (un jour, je trouverai un truc encore plus pointu là-dessus parce que j'aimerais en savoir encore davantage) et le français à l'extérieur de la France. 

 

Bien entendu, on parle surtout de lexique, de mots précis.  Il y a quelques petites anecdotes phonologiques, morphologiques et syntaxiques mais pas tant que ça, en fait.  Et j'aimerais en savoir plus sur l'évolution de la syntaxe... il me semble que les essais se concentrent généralement sur le vocabulaire.  Il y a aussi des incursions du côté de l'évolution des graphies et des dictionnaires qui m'ont beaucoup plu.  Bref, je suis vendue d'avance, je sais!

 

Donc, à lire si vous vous intéressez à l'histoire des langues et que vous voulez rester dans le domaine du connu.  Ça se lit tout seul, c'est simple sans être simpliste et ça m'étonnerait que vous vous y sentiez perdus!

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