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Histoire de la princesse de Montpensier - Madame de Lafayette

14 Juillet 2012 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Europe (français)

princesse-de-montpensier.jpgPrésentation de l'éditeur

"M. de Guise ne se mêlait point de la conversation, et sentant réveiller dans son coeur si vivement tout ce que Mme de Montpensier y avait autrefois fait naître, il pensait en lui-même qu'il pourrait demeurer aussi bien pris dans les liens de cette belle princesse que le saumon l'était dans les filets du pêcheur."

 

Commentaire

J'ai lu il y a un moment déjà "La princesse de Clèves" de Madame de Lafayette.  J'avais, contre toute attente, adoré.  Puis, il y a peu, ma mère m'a parlé d'une certaine princesse de Montpensier vue dans un film.  Il ne m'en fallait pas plus pour avoir envie de lire la nouvelle, qui m'a sauté dans les mains au détour d'une certaine ombre blanche toulousaine.  Limite que je plaide non coupable. Et que je vais rejeter la faute entière sur les prix des livres de poche au Québec. 

 

Ce livre contient en fait trois nouvelles.  "Histoire de la princesse de Montpensier", "Histoire de la comtesse de Tende" et "Histoire d'Alphonse et de Bélasire", extrait de "Zaïde", un roman de l'auteur.  J'ai beaucoup aimé les deux premières nouvelles mais j'ai eu un peu de mal à vraiment me plonger dans l'extrait, écrit au "je", qui m'a semblé tourner en rond.  Bon, ok, c'était voulu.  Mais j'ai mis un moment à vraiment entrer dans cette histoire. 

 

Les trois nouvelles parlent d'amour et surtout des dangers de la passion.  Rien de très joyeux dans tout cela, les histoires se ressemblent dans le fond et dans leur morale, qui nous laisse croire que céder à l'amour et à la passion ne mène qu'à des fins malheureuses.  Mais il y a malgré tout une réelle exaltation dans le coeur des amants dont elle condamne un peu l'attitude.  À tel point que même si ça finit mal, on se demande s'il ne vaut pas mieux avoir aimé que pas. 

 

La princesse de Montpensier se déroule au 16e et se termine presque avec le massacre de la St-Barthelemy.  Les personnages sont souvent réels, l'histoire sert de toile de fond mais l'intrigue est avant tout inventée.  Dans cette nouvelle, il s'agit d'une histoire d'amour contrariée entre la princesse et le duc de Guise, alors qu'elle est mariée au prince de Montpensier.   J'ai beaucoup aimé cette héroïne, déchirée entre ses valeurs et son amour.  Profondément centrée sur elle-même malgré tout, on sent son extrême jeunesse et sa cruauté involontaire, surtout envers M. de Chabannes (j'ai adoré ce personnage... il m'a énormément touchée) m'a semblé très réaliste malgré tout.  Plus loin des intrigues de cour, il m'a semblé que le style de l'auteur était plus simple, moins fleuri que dans La princesse de Clèves (bon, ma lecture date... ça ne veut pas dire que c'est vrai), mais tout aussi délectable. J'ai beaucoup aimé. 

 

Beaucoup plus courte, l'histoire de la comtesse de Tende est un peu une variation sur le même thème.  Une femme adultère et ce qui en résulte. Ici, on est plus près de la cour, des intrigues, des petites cachotteries.  Mais la plume m'a plu, l'histoire est très galante (chez Madame de Lafayette, les hommes ont une fâcheuse tendance à se jeter aux pieds des dames et sons sujets aux crises de passion suscitant des larmes) et la comtesse assume la conséquence de ses actes.  Bon, la morale est éloignée de celle qui prévaut de nos jours (impossible de ne pas tiquer à la finale) mais il faut se remettre en contexte. 

 

Quant à la dernière nouvelle, l'histoire d'Alphonse et de Bélasire, elle est un peu différente.  C'est un extrait et il est raconté à la première personne par un homme (soit Alphonse) qui raconte sa folie jalouse à l'égard de Bélasire, la femme qu'il aimait.  Si j'aime généralement ce genre de divagations répétitives (par exemple, sous la plume de Zweig), j'ai trouvé le procédé plus répététif associé au style relativement direct de Madame de Lafayette, qui relate les faits et les actions.   Du coup, toute la partie où la jalousie s'installe était un peu rébarbatif.  Il semble tellement hors de lui, tellement illogique et impossible à raisonner qu'il m'a semblé peu sympathique.  J'ai préféré la fin de l'extrait, quand la folie et l'exaltaton se calme un peu. 

 

Donc, encore une lecture bien agréable.  J'aime de plus en plus les classiques, je crois.  Et je sens que je vais tenter de lire davantage de classiques français.  Oui, on peut rêver!

 

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Chez Eliza (1/??)

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