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Fool - Christopher Moore

17 Octobre 2010 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Dans le monde de Jane - de Will - de Charlie - etc...

fool.jpgPrésentation de l'éditeur

Ok... il n'y aura pas de présentation de l'éditeur.  Vu qu'elle est hyper longue, pas traduite et que je suis la reine des paresseuses.  Disons simplement que Fool, c'est King Lear à la Christopher Moore.  Et pas que.  Ça vous va?

 

Commentaire

Je ne sais pas si vous avez lu Christopher Moore.  Si oui, vous devez en ce moment ouvrir de très très grands yeux en vous disant que bon, Shakespeare et Christopher Moore, ça doit faire un drôle de mélange.  Et heu... oui, j'avoue.  Mais il ne faut pas oublier que Willy (nous sommes intimes, Shakespeare et moi) avait tendance à semer dans ces pièces certaines allusions ma foi... assez grivoises.  J'admets que ces dites allusions étaient moins directes que celles de Christopher Moore. Et que bon, aux dernières nouvelles, il n'a jamais été question de "tree shagging" dans Shakespeare mais you never know...  (comme le dit Moore lui même dans la postface) " it's been a long time". 

 

C'est donc l'histoire du Roi Lear que Moore nous raconte ici.  Le roi Lear du point de vue du fou du roi, ici appelé Pocket, celui qui disparaît - à mon souvenir du moins - en plein milieu de la pièce de Shakespeare.   Le roi Lear aime beaucoup son Fou, qui a par contre réussi à se mettre tout le monde à dos en racontant n'importe quoi - vrai ou pas - de façon disons très crue.  Disons-le tout de suite, j'en suis venue à bien aimer Pocket mais il n'est pas toujours agréable et j'ai mis un moment!  Le roi décide donc de séparer son royaume entre ses trois filles (Goneril, Regan et Cordelia) en fonction de ce qu'elles lui diront quand il leur demande à quel point elles l'aiment.  Goneril et Regan racontent alors n'importe quoi (et le roi les croit... dans la pièce, il m'éneeerve à ce moment précis) tandis que Cordelia raconte la vérité.  Résultat; il sépare son royaume en deux et déshérite Cordélia qui épouse le prince de France et qui quitte l'Angleterre.  Pocket n'aime pas du tout cet arrangement et décide de prendre les choses en main. 

 

Alors dans cette histoire, toute l'aventure est orchestrée par le Fou (qui n'est pas idiot) mais qui est souvent confronté à la nature humaine, qui, bizarrement, n'est pas toujours d'accord avec ses machinations.  Faire marcher des hommes semble être un peu plus compliqué que faire parler une marionnette de Fou!  Mais qu'importe!  Pocket veut secourir son apprenti, un grand nigaud appelé Drool (oui oui... Drool. Ce qui veut dire exactement ce que ça veut dire) qui imite parfaitement les voix.  Bien entendu, les événements du Roi Lear sont placés dans une toute autre perspective et il m'a parfois été impossible de ne pas éclater de rire tant c'était tiré par les cheveux. 

 

Christopher Moore, c'est pour moi le roi du grand n'importe quoi.  Ici, le grand n'importe quoi est assez n'importe quoi, mais quand même guidé par le récit original de Shakespeare alors bon, les causes et les mécanismes m'ont fait m'exclamer à voix haute, mais moins les péripéties.  Christopher Moore, c'est aussi beaucoup d'humour.   Mais d'humour en bas de la ceinture.  Donc, ici, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'humour en bas de la ceinture.  Et quand il monte un peu, c'est pour s'arrêter au niveau du soutien-gorge.  Inutile de préciser (mais je vais le faire quand même), tout le monde s'envoie n'importe qui et même n'importe quoi.  Vraiment n'importe quoi. 

 

Finalement, j'ai aimé pour Shakespeare et les multiples références au Barde, non seulement au roi Lear mais aussi à MacBeth (il y a trois bizarres de sorcières qui portent des noms de fines herbes) et à Hamlet (because there's always a bloody ghost), pour ne nommer que les plus évidentes.   Il y a des bouts de pièces un peu partout, des rimes, des mystères, des trahisons... bref, j'ai aimé me retrouver dans l'ambiance.  J'ai aussi pouffé au mélange improbable de langage elizabéthain avec du slang américain ou Londonien ainsi qu'aux anachronismes, à la trallée de dieux et aux grands discours, de même qu'aux références modernes (les "Mericans" sont un peuple disparu qui s'est exterminé et il est question de Mazdas également...).  Sans compter le léger makeover que Christopher Moore fait subir aux personnages!

 

Par contre, quand l'humour se limite aux codpieces et à ce qui va avec, après un moment, on se lasse un peu.  Du moins ça a été mon cas.  L'intérêt s'est ravivié vers la fin mais c'est ma foi un peu redondant à l'occasion.  Et moins décalé que le lézard lubrique, disons.   Peut-être l'auteur avait-il moins de liberté étant donné le thème (quoique...) mais j'aurais aimé que ça aille plus loin dans le décalé et le "n'importe quoi", justement.  Alors on compense par du langage "fleuri" et du c** sous toutes ses formes.  Donc, pour ceux dont les yeux auraient des tendances chastes, s'abstenir.  Pocket est vulgaire et assumé, en plus! 

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