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Eugène Onéguine - Alexandre Pouchkine

13 Avril 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature russe

Eugene-Oneguine.gifPrésentation de l'éditeur

"Placé du côté de la légèreté, du sourire, le romande Pouchkine est unique dans la littérature russe: il n'apprend pas à vivre, ne dénonce pas, n'accuse pas, n'appelle pas à la révolte, n'impose pas un point de vue, comme le font, chacun à sa façon, Dostoïevski, Tolstoï ou, plus près de nous, Soljénitsyne et tant d'autres, Tchekhov excepté...

 

En Russie, chacun peut réciter de larges exgraits de ce roman-poème qui fait partie de la vie quotidienne.  À travers l'itinéraire tragique d'une non-concordance entre un jeune mondain et une jeune femme passioinnée de littérature, il est, par sa beauté, par sa tristesse et sa légèreté proprement mozartienne, ce qui rend la vie vivable."

 

Commentaire

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre quand j'ai ouvert ce roman.  En effet "roman en vers", ça m'inquiétait un peu.   Je m'attendais donc à un truc lyrico-romantique complètement dégoulinant... mais non!  Quelle agréable surprise que de plonger dans ces pages.  J'ai littéralement adoré. 

 

J'ai quand même passé plusieurs heures dans ces pages... voyez-vous, quand il y a vers, c'est une compulsion, il FAUT que je les lise à voix haute.  Du coup, ça limite les moments où je peux lire, n'est-ce pas.  Mais j'ai prononcé ces mots avec un sourire aux lèvres, en riant parfois, en fronçant les sourcils à d'autres moments ou encore en soupirant.  En effet, tout le roman est écrit en strophes de 14 vers comptant 8 syllabes chacun, avec un patron de rimes et une accentuation vraiment particulière.  Inutile de préciser que j'ai lu quelques paragraphes plus d'une fois.   C'est qu'il y a une véritable musique là-dedans. Je n'ose même pas imaginer la tâche du traducteur.  Adapter la poésie russe de cette façon en tentant d'en conserver le plus de caractéristiques possibles et en respectant cette forme... quel exploit. 

 

Mais parlons de l'histoire... toute simple, au fond.  Eugène Onéguine, dandy de la haute société, est pris d'un terrible spleen terrible et se sent complètement vide dans cette haute société artificielle remplie de faux semblants.  Égocentrique, peu impliqué dans la vraie vie, il part à la campagne lorsqu'il hérite d'un vieil oncle et deviendra ami - pour tuer le temps - avec Lenski, jeune et ardent poète de 18 ans, qui tombera amoureux de la fille des voisins, Olga.  Quant à Tatiana, l'aînée, jeune fille pure et vivant dans les romans, elle fondra au premier regard pour Onéguine. 

 

Bon, je ne vous révélerai pas la fin.. ni même le milieu.  C'est une histoire à la fois belle et triste, mais ordinaire aussi.    Les héros confrontent leurs idéaux avec la réalité, manquent des occasions, s'inventent des châteaux en Espagne...    Mais ce roman, c'est beaucoup plus que ça.  C'est aussi le regard acéré et critique de l'Auteur, ce "je" omniprésent, qui bavarde allègrement avec le lecteur, joue avec lui et lui propose des opinions et leur contraire.  Il s'égare dans des digressions sur lui-même, ses passions, sa vision de la société russe.  Le tout sur un ton souvent moqueur et parfois nostalgique, cet Auteur s'en permet et il m'est apparu comme un double romancé de Pouchkine.  

 

C'est aussi une plongée dans la campagne russe, avec son mode de vie et ses paysans, mais aussi les grands cercles de la haute, complètement différents, menant parfois à l'oisiveté et à la création de ces hommes comme Onéguine, un peu inutiles et complètement déconnectés.  Le texte est truffé de références à des poètes russes et français.  On y croise aussi Lord Byron ainsi que plusieurs héros romantiques, à partir desquels Tatiana avait amalgamé une personnalité pour son Onéguine de rêve.    J'ai adoré.  Même si j'avais définitivement besoin des notes de bas de page pour les saisir.

 

Un texte qui, selon ce que j'en ai lu, est très important pour la littérature russe.  Écrit en russe, il semble avoir participé à la mise en valeur de cette langue qui était à l'occasion délaissée pour le français dans certains cercles.  Une oeuvre à lire et un véritable plaisir de lecture pour moi!

 

Le billet de Yueyin, avec qui je faisais lecture commune!

 

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