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Elle et nous - Michel Jean

10 Septembre 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

Elle-et-nous.jpgC'est ma copine Yueyin qui m'a mis ce livre dans les mains dans une bouquineries.  Je dirais même plus, elle l'a mis dans mes mains en sortant de la dite bouquinerie vu que la chipie a décidé de me l'offrir.  Et vu que je suis une totale inculte de la télé (je vous le rappelle, puisque ces informations vous fascinent: je ne sais pas comment fonctionne ma télé.  10 ans plus tard.  Je sais.  No comment.) je n'avais aucune idée de qui était Michel Jean.  Je ne l'ai donc aucunement lu pour le "personnage public" que je ne connais pas du tout, je l'avoue. 

 

Dans "Elle et nous", il y a "elle" et il y a "lui".  Elle, c'est Jeannette Gagnon, la grand-mère de Michel (ça, c'est "lui", au cas où je sauterais des bouts).  Sa grand-mère d'origine Innue.  Née dans les  bois, enfant du Lac et de la forêt, elle s'appelait Shashuan Pileshish.   Hirondelle.  Elle vivait au jour le jour, avec sa famille, toutes génératios confondues.  L'été sur le bord du Piékouagami, à Pointe-Bleue, et l'hiver dans le bois, sur le territoire de sa famille, où ils trappaient et devaient chaque jour trouver de quoi survivre,  Un monde.  Le seul monde qu'elle connaissait.   Un monde qui n'existe plus vraiment. 

 

Lui, à la mort de sa grand-mère centenaire, il se questionne.  Sur ce que c'est d'être Indien, ce que ça représente maintenant.  Il réalise à quel point il ne sait rien sur cette culture qui est la sienne, cette culture faite de traditions orales.  

 

Les deux parties sont écrites au "je".  Et avouons-le d'emblée, j'ai adoré.  C'est la toute première fois qu'un roman traitant des amérindiens me touche à ce point.  C'est qu'à travers les yeux de Jeannette, nous voyons évoluer le monde.  On s'imagine dans cette vie-là, cette vie précaire, difficile, mais qui convenait à plusieurs personnes qui ne se seraient jamais vus autrement que dans le bois, à chasser et à trapper.  On voyage avec eux sur "leurs" routes et on se les imagine maintenant, défrichées, appartenant à d'autres alors que pour eux, c'était le coin de Nitanissan qui leur était réservé.  Et on voit aussi les préjugés, la vision des autres.  Les choix de Shashuan Pileshish m'ont profondément touchée.  Son récit est poignant, marquant.  À travers ses mots, on comprend un peu mieux.  Un tout petit peu.

 

Une vie de femme forte et profondément humaine.  Un récit sur l'identité, sur l'appartenance.  J'ai du mal à trouver les mots qui expriment la façon dont ce roman m'a atteinte et secouée. 

 

Depuis, j'y pense et repense encore. Je le relirai, c'est certain.

 

 

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