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El ùltimo lector - David Toscana

6 Juillet 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature Mexique - Amérique centrale et du Sud

el-ultimo-lector.jpgOh my... comment je vais faire pour vous parler de ce livre.  Et vous donner envie de le découvrir.  Parce que je pense sincèrement qu'il faut la peine d'être lu, même si parfois, on se demande un peu sur quelle planète on est tombé!

 

Dans ce roman, nous sommes transportés à Icamole, dans le nord du Mexique (à chaque fois que je lisais ce nom, j'étais prise d'une envie irrépressible de manger des tacos à la guacamole...  no comment...).  C'est la sécheresse et, dans le seul puits où il reste un peu d'eau dans le village, le cadavre d'une jeune fille est découvert.  Une jeune fille qui ressemble étrangement à Babette, telle que décrite dans "La mort de Babette" de Pierre Lafitte. (Ne cherchez pas... c'est inutile...)

 

C'est l'entrée en matière.   Par contre, ce n'est pas le réel intérêt du roman.  En effet, si Remigio, le propriétaire du puits et Lucio, le bibliothécaire du village, vont tenter de résoudre le mystère (à leur manière... particulière, disons), l'auteur s'amuse ici à entremêler habilement réalité et fiction, à tenter d'expliquer l'un par l'autre, à retrouver l'un dans l'autre.  Et une fois que l'on a compris où il s'en allait, c'est jubilatoire. 

 

Par contre, avant, j'étais perplexe. 

 

Parce que disons que les personnages ne sont pas particulièrement agréables, ni même logiques.  (Non mais la réaction de Remigio face à la macabre découverte... heu... ok.  Lucio, va toujours, on comprend... mais pourquoi il l'écoute?).  Le bibliothécaire a des goûts très précis sur ce qu'il aime et sur ce qu'il n'aime pas.  Selon lui, ce sont des critères tout littéraires.  Il veut du vrai, du concis, rien qui ne soit écrit pans quelqu'un qui n'a pas vécu vraiment ou, pire, une femme.  Rien qui soit américanisé, glamourisé. Mais est-il aussi détaché qu'il ne le croit?  N'y recherche-t-il pas quelque chose?  Quelqu'un?

 

C'est avant tout une réflexion sur la lecture, la littérature, ses pouvoirs.  Peut-elle influencer la réalité, aussi facilement qu'on peut rayer une phrase, une lettre, dans une fiction?  Et qu'est-ce qui est le plus vrai, en fait?  Pour Lucio, plus rien n'est clair.  Les personnages de fiction envahissent sa vie, sans avertir.  Sans nous avertir non plus, en fait. 

 

Contrairement à d'autres, je n'ai pas du tout été dérangée par l'apparition de la fiction dans le récit.  Au contraire, c'est ce que j'ai préféré.  C'est ma foi fort maîtrisé.  Par contre, c'est un roman qui demande de l'attention.  Toute notre attention.  Le lecteur a clairement un rôle à jouer, tout ne lui est pas offert sur un plateau.  Et le pouvoir du lecteur... n'est-ce pas l'un des thèmes de ce roman?

 

Bien entendu, les personnages sont froids, distants.  Il ne faut pas chercher le récit policier ou encore l'action.  Il ne faut pas chercher de la compassion, du politically correct.   Il y a des réflexions cruelles, dérangeantes (pour moi, tout le passage sur Melquisedec a été profondément troublant et difficile à lire).  Mais au final, je garderai un très bon souvenir de cette lecture!

 

Et je vous renvoie chez ICB et chez Manu pour des avis ma foi bien différents!  De quel côté serez-vous?

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