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Crime et châtiment - Fedor Dostoïevski

3 Janvier 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature russe

crime-et-chatiment.jpgPrésentation de l'éditeur

Je choisis de ne pas la mettre.  Bon, je doute que ça spoile beaucoup de choses pour qui connaît un peu l'histoire, mais c'est un moment important et je suis contente de ne pas l'avoir lu avant qu'il n'arrive.  Pour savoir de quoi ça parle, va falloir lire mon billet.  Pauvre de vous!

 

Commentaire

Pour débuter la semaine russe, Yueyin et moi avons décidé de lire ensemble "Crime et châtiment".  En fait, je veux lire ce roman depuis que j'ai lu "Le maître des illusions" parce que j'avais lu un commentaire qui disait qu'il y avait une vague inspiration venant de là.  Il a quand même fallu quoi... 17-18 ans pour que ça se concrétise.  Ça ne me rajeunit pas hein!

 

Me voilà donc devant mon ordinateur à me demander ce que je vais bien pouvoir dire.  Parce que cette lecture, ça a été une expérience, avec ses hauts et ses bas.  J'ai de la difficulté à me faire une tête, en fait.  Comme je n'ai rien présenté du tout, je vous dirai en gros que "Crime et châtiment", c'est Raskolnikov, étudiant sans le sou, vivant aux crochets de sa mère et de sa soeur Dounia, à St-Petersbourg dans les années 1860.  C'est une époque de grands bouleversements et Rodion (ça, c'est Raskolnikov) se laisse prendre au jeu des idées et des théories nouvelles qui affleurent et commet un meurtre.  Une vieille usurière, méchante et veule, qu'il veut voler pour se sortir de la misère et cesser de dépendre de sa famille.   Mais aussi pour tester.  Pour prouver qu'un être extraordinaire peut tuer "un pou" et être au-dessus de la morale.   Mais rien ne va se passer comme prévu et Rodia (Rodion, Rodia... c'est pareil), être intelligent mais aussi passionné et caractériel, s'enfonce dans une spirale de pensées et d'actes insensés. 

 

Je n'avais jamais lu Dostoïevski et pour une raison incomprise de ma petite personne, j'avais en tête de le comparer à Tolstoï, probablement parce que ce sont les deux auteurs que j'associe le plus à la Russie.  Et parce qu'il y a des "et" dans leurs titres (Guerre et paix, crime et châtiment... vous voyez le principe.  Il ne m'en faut pas beaucoup, parfois). Entendons-nous tout de suite, Dostoïevski n'est pas Tolstoï et vice versa.  Pas de saga sur plusieurs années ici, mais deux semaines, deux semaines de folie où Rodia sombre dans un délire théorique et meurtrier.  Délire qui s'épaissit encore quand il réalise qu'il est loin d'être Napoléon (ou un homme extraordinaire) vu que tout a si mal tourné.  Nous le suivons dans sa folie, dans son cheminement.  J'ai été secouée par ses idées, choquée par son manque de remords mais parfois emportée par son exaltation.  Parce que c'est souvent étonnant cette écriture, délire passionné qu'il tourne et retourne, parfois un peu répétitif, mais truffé de phrases éclatantes, qui m'ont parfois coupé le souffle.   Il m'a rappelé certains héros de Zweig par moments (bon... en quand même plus désaxé hein... sa logique n'est pas ma logique.  Vraiment pas), mais entendons nous que presque 600 pages à planer sur ce souffle fou, c'est parfois un peu long.  J'ai eu des moments de découragement devant l'apparente inertie de Rodia, devant son indifférence, j'ai eu le goût de le secouer.   En regardant rétropectivement (après avoir lu un peu sur l'époque et le contexte aussi), je reconnais l'importance des scènes, des personnages et même leur signification (des fois... j'ai appelé à l'aide, j'avoue) mais sur le coup, délire sur délire, c'est parfois vraiment oppressant.  C'est que tout le monde est exalté dans ce roman!  J'ai parfois eu du mal à trouver mes repères, à trouver à quoi m'accrocher.  Surtout que je n'ai compris que certaines motivations sur le tard.  Je ne suis pas toujours rapide, que ce soit dit.

 

Certaines confrontations sont géniales (Rodion / Porphyre, Rodion /Svidrigaïlov, Rodion/Loujine - quel être répugnant), le jeu du chat et de la souris angoisse La scène du dîner d'enterrement est à la fois d'un comique et d'une noirceur terrible.  À ce point que j'étais physiquement mal à l'aise à sa lecture.  La lecture de "la résurrection de Lazarre" m'a aussi vraiment troublée, sans que je comprenne pourquoi sur le moment.  On sent derrière les envolées philosophiques et aussi la critique d'une société mouvante, qui se cherche, quelques années après l'abolition du servage.   Chaque personnage apporte quelque chose et sert un but précis de l'auteur.   St-Petersbourg, ville faite de contrastes, contruite sur des marais est aussi presque un personnage du roman.  La scission entre les quartiers riches et les quartiers pauvres, entre le vrai et le clinquant, tout est apparent et révélateur.  Il m'a été toutefois difficile de m'attacher (à part à Razhoumikhine et à Sonia) à ces personnages.  Rodia est tellement dérangé et plein de complexité (il a de bons côté, quelques bonnes intentions, le bougre... mais disons qu'à ce moment de sa vie, il les cache bien) qu'il m'a été difficile de le cerner et de l'apprécier avant la toute fin.  Cette finale m'a d'ailleurs un peu surprise car elle tranche un peu avec la noirceur du roman.  C'est un peu rapide selon moi.  Étonnant. 

 

Je ne dis pas avoir tout compris.  À maintes reprises, je me suis dit : "Tiens, je pense que c'est une image significative" mais j'aurais été bien en peine de dire ce qu'elle signifiait.  Une lecture qui m'a demandé beaucoup d'implication mais qui m'a portée dans un tourbillon vertigineux de pensées et de passion à certains moments... mais à laquelle j'ai dû m'accrocher à d'autres.  Mais je garderai un souvenir positif, une image de densité émotionnelle, de culpabilité et de folie, de descente aux enfers et d'exploration d'une âme humaine tourmentée et complexe. 

 

logosemainerusse3.jpg

Et je pique le logo de Sabbio.  Je n'assume pas autant que nos glamourous organisatrices Cryssilda et Emma!  Ca pourrait être aussi un "classique des années 1800" pour mon challenge Back to the Classics 2011...  mais soyons honnête, je l'ai lu en 2010!

 

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