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Ce n'est pas une façon de dire adieu - Stefani Meunier

8 Août 2011 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Littérature québécoise

Ce-n-est-pas-une-facon-de-dire-adieu.jpgPrésentation de l'éditeur

"New York, les années 1970.  Une ville qui est encore le centre du monde mais qui commence à douter d'elle-même.  La guerre du Vietnam s'enlise, et si l'engouement pour le rock'n roll ne se dément pas, il vient maintenant d'Angleterre, où l'ombre des Beatles plane encore sur le monde de la musique.

 

Sean est musicien.  Pour le plaisir de faire de la musique, pour cette merveilleuse camaraderie de la scène, pour l'amour de cette vie d'errance entre Montréal, sa ville natale, et les innombrables bleds où il doit jouer.  Quand il revient à New York, il vit chez son ami Ralf, qui a un appartement à Brooklyn et un chien qui s'appelle Lennon.  Les seules attaches qui donnent à Sean le sentiments d'être chez lui quelque part.

 

Pendant que Sean est en tournée, Ralf fait la connaissance d'Héloïse.  C'est le bonheur, tout de suite, des soupers où se conjuguent amour et amitié.  Et, tout à coup, le précaire équilibre ne tient plus. [...]"

 

Commentaire

J'avais une grande envie de livres "pour grands" et j'ai choisi dans ma pile branlante ce roman de Stéfani Meunier qui y traînait depuis un bon moment.  Je n'avais aucune idée de ce dont ça parlait, ni même si c'était bien.  En fait, je ne savais plus du tout comment j'avais pu avoir l'idée de l'acheter.  Ce qui, étant donné mes achats impulsifs, n'est pas nécessairement surprenant. 

 

Le hasard a bien fait les choses parce que dès les premières pages, j'ai su que j'allais aimer ce roman, son ton, ses atmosphères.  Même si je ne lis pas beaucoup de romans québécois (certains me le font souvent remarquer hein ;) ), je me sens tout de suite chez moi dans la langue quand j'en ouvre un.  C'est étrange comme le français québécois et le français "de France" deviennent de plus en plus distincts dans ma tête...  Pourtant, ici, même si c'est une langue québécoise, il n'est pas question de joual.  Et je dois avouer que l'écriture de Stefani Meunier m'a vraiment beaucoup plu.  Directe, simple, mais qui parfois m'a virée de bord avec une réflexion comme ça, sortie de nulle part.  Elle a réussi à créer pour moi une atmosphère changeante, mouvante, le tout en fonction de ce qui arrivait aux personnages.   La chaleur et l'amitié, je l'ai ressentie par moments.  La solitude aussi, souvent.  Cette grande solitude, pesante, présente en chacun d'entre nous mais peut-être encore davantage en Sean, Ralf et Héloïse, qui assurent tour à tour la narration du roman. 

 

C'est un moment de leur histoire qui nous est racontée.  Leur jeunesse, ou la fin de celle-ci.  Une histoire ordinaire, sans doute, mais si bien croquée que je me suis tout de suite sentie proche d'eux.  De Ralf qui aime sa solitude, ses livres, sa musique.  De Sean, qui cherche à vivre sans s'accrocher, sans s'attacher.  D'Héloïse qui se demande si elle n'est pas devenue trop grande pour ses rêves qui se fanent et qui court après ce qu'elle croit être la vraie vie.   Ces trois personnages à la dérive s'accrocheront momentanément les uns aux autres, dans un équilibre précaire.  Jusqu'à ce que la faille apparaisse.

 

On nous parle de la différence entre ne plus être un enfant et être un adulte, de la fin de l'insouciance, de l'errance.   De solitudes aussi, d'îles, de regards et de portes qui se ferment, de choix qu'on fait, ou qu'on ne fait pas.

 

En sourdine joue la musique des Beatles, qui ont suivi une trajectoire un peu semblable à celle que suivront les trois personnages dans leur relation.   J'ai beaucoup aimé cette musique saupoudrée ici et là.  Et je me suis tout de suite sentie interpellée par les réflexions sur l'effet que peut produire une chanson sur nous.   J'ai souffert avec eux, j'ai eu de la peine, j'ai souri aussi.  Mais j'ai surtout espéré pour eux, jusqu'à la fin. 

 

Un roman que j'ai beaucoup aimé, donc.  Et une auteure que je relirai certainement de nouveau!

 

"Rester et partir, parfois, c’est la même chose. Ça dépend de comment on le fait."

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