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À toi pour toujours, ta Marie-Lou - Michel Tremblay

19 Septembre 2013 , Rédigé par Karine :) Publié dans #Théâtre

marie-lou.jpgAujourd'hui, c'est théâtre!

 

J'aime lire du théâtre, ceux qui me lisent le savent.  Et j'aime tout particulièrement lire le théâtre de Michel Tremblay qui réussit selon moi à créer des personnages très humains, souvent pas du tout sympathiques au premier abord, mais qui finissent toujours par me toucher d'une manière ou d'une autre. 

 

J'avais lu cette pièce ado et j'avais envie de la relire parce que dedans, il y avait le personnage de Carmen.  La Carmen de Sainte Carmen de la Main, que j'ai pu voir en comédie musicale cet été.  Comme toujours,les personnages de l'oeuvre de Tremblay se croisent et s'entrecroisent, évoluent.   Dans cette pièce, quatre personnages, deux époques.  Marie-Louise (la fameuse Marie-Lou) et Léopold, en 1961 d'un côté, leurs filles Carmen et Manon de l'autre, en 1971.  Dix ans après la fameuse journée qui fait la différence entre l'avant et l'après.   Quatre personnages toujours sur scène, des souvenirs, des allers-retours...  Une construction assez géniale et une évolution impressionnante pour le lecteur dans la perception des personnages.  Le tout en très peu de pages.  C'est fou à quel point Michel Tremblay réussit à alterner les points de vue, à nous faire réaliser les choses petit à petit. 

 

Parce que bon, rien qu'à voir comment vont Carmen et Manon, on sent que ça ne va pas bien se finir, tout ça. 

 

Carmen est maintenant chanteuse western sur la Main.  Elle a réussi à couper, à sortir de ce monde étouffant, ce monde de misère de gens nés pour un petit pain, où il n'y a aucun espoir de s'en sortir.  Quant à Manon, c'est tout le contraire.  Elle veut être sa mère, qui faisait pitié face à un mari abusif.  Faire pitié, c'était un peu la spécialité de Marie-Lou.  Et Manon est sa digne héritière.  Elle vit entre un bord de chaise et un crucifix, pour être ben ben malheureuse et martyre. 

 

Il y a avant tout une profonde solitude chez tous ces personnages qui ne réussissent pas à se rejoindre réellement.  Une solitude inouie, même. Beaucoup d'incompréhenson, de manipulation mais aussi de peur de l'avenir et de tentatives plus ou moins réussies d'évasion.  Ils ont tenté de s'adapter à leur vie, au monde en changement autour d'eux, avec un succès variable et mitigé, on se l'avoue.

 

Des personnages plus qu'imparfaits, qui ne vont pas bien du tout, qui ont pris les béquilles qu'ils peuvent mais qui ont réussi à me toucher d'une certaine façon.  Cette pièce n'a rien d'une comédie mais il y a quand même une petite dose d'espoir. 

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